L'AMÉTHYSTE DU MEXIQUE
TRÈS JEUNE AGE
( ORNISMYA MONTANA, Less. )
Ce jeune oiseau a les proportions du précédent, c'est-à-dire trois pouces trois lignes. Son bec est droit, mince, aciculé , noir. Ses tarses sont d'un noir mat. Un vert-doré et cuivré règne sur le corps en dessus , à partir du front jusqu'au croupion. La gorge est blanche , mais chaque plume a son centre marqué d'un point vert-brun indécis. Tout le dessous du corps est blanc , seulement une teinte vivement tannée colore la poitrine et un peu les côtés du cou , puis les couvertures inférieures de la queue, qui sont cannelle.
Les rectrices sont arrondies à leur sommet, les moyennes sont vert-doré, terminées de noir, les latérales noires , terminées de blanc pur.
L'individu que nous avons figuré est une des preuves nombreuses de la fixité des caractères à chaque époque des mutations de plumage des oiseaux-mouches. Cette livrée se rapproche de
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toutes celles des jeunes sasins , améthystes et rubis, et cependant , si les mots sont impuissans pour leur assigner des caractères spécifiques précis, on ne peut, en les comparant, se refuser à les distinguer comme races séparées par une foule de nuances constantes et fixes , mais qu'on ne peut que difficilement exprimer.
Ainsi donc le Brésil possède des espèces propres d'Améthystes. Il en est de même de la Guiane et du Mexique ; et qu'on ne pense pas que ces climats divers aient modifié les individus d'une même race pour en constituer des variétés; car le climat peut bien changer la taille et les couleurs d'un oiseau , mais jamais les parties , quelque peu importantes qu'elles soient, dans leur texture propre, et c'est ce qui nous autorise à établir tant d'espèces sous ce nom d'Améthyste, que tous les auteurs ont confondues , sans chercher à se rendre compte de leurs différences.
DES TROCHTLIDEES. 1 65
( Pl. LXV. )
LE KIÉNER,
FEMELLE
( ORNISMYJ KIENERI , Less. )
Ce n'est que près du Langsdorff que nous pouvons rapporter le curieux oiseau que M. Prévost nous a communiqué , et cependant on ne peut établir ce rapprochement que par la petitesse et la minceur du bec , et quelques autres traits généraux. Ce qui nous porte à croire que l'individu figuré est une femelle , c'est que sa queue est comme celle des jeunes raquettes, c'est-à-dire composée de rectrices allongées , arrondies , égales, qui, après leur chute, doivent faire place à des rectrices étroites ou gladiées.
Cet oiseau a le bec long de six lignes, noir , mince, aciculé; le corps et la queue ont deux pouces six lignes , et encore celle-ci entre-t-elle dans ces dimensions pour près de quinze lignes. Un vert très doré règne sur la tête , le dos , les épaules, le croupion et les couvertures supérieures de la queue. Le menton , la gorge et le thorax sont blancs, picotés de vert-doré. Le
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ventre , les flancs sont vert avec du noirâtre et du blanchâtre. Les couvertures inférieures de la queue sont roux vif.
La queue est allongée , composée de rectrices étroites, les internes plus courtes que les deux paires latérales : toutes sont gris -brunâtre à leur naissance, noirâtres à leur extrémité et légèrement vert-doré en dessus, tandis que les deux plus externes sont ocellées de blanc au sommet.
Cet oiseau provient du Brésil.
DES TROCHILIDÉES. l6j
( Pl. LXVI. )
LE COLIBRI SWAINSON.
( TROCHILUS SWAINSONII, Less. )
Ce colibri , que l'on dit provenir du Brésil , est long de trois pouces quatre lignes. Le bec seul entre pour neuf lignes dans ces dimensions. Ce bec est recourbé, assez fort et entièrement noir. Ses ailes, brun- pourpré , sont minces, étroites , et n^atteignent que le milieu de la queue. Celle-ci est médiocre, légèrement fourchue , c'est-à-dire que les rectrices moyennes sont légèrement plus courtes que les latérales. Toutes les rectrices sont étroites, minces, arrondies à leur extrémité.
Un vert très brillant et or couvre , non pas la tête , qui est brunâtre , mais bien le cou , le dos , les épaules , le croupion et les couvertures supérieures de la queue. Un roux-cannelle règne depuis le menton jusqu'à la région anale et sur les couvertures inférieures de la queue. Les plumes auriculaires sont brunes. Un point blanc occupe le bord postérieur de l'œil. Les rectrices moyennes sont vert-doré en dessus , les latérales
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sont d'un rouge ocreux vif dans leur moitié supérieure , puis barrées de noir et terminées de blanc sale.
Nous devons la communication de ce colibri à M. Florent Prévost. Son nom est celui d'un ornithologiste anglais , non seulement célèbre par sa grande science , mais encore remarquable par l'élévation de son âme et la générosité de son caractère. Puisse ce léger hommage récompenser , par une dette de cœur , cet excellent homme des tracasseries que sa probité lui a attirées de la part de quelques uns de ses présomptueux compatriotes ! ! ! car c'est le sort du talent de faire naître sous ses pas mille Zoiles ! ! !
FIN DES TROCH[LIDEES.