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Les trois amants, pièce en deux actes

C'est en 1865, peu de mois après- que le Théâtre- Français venait de représenter le Supplice d'une Femme, et pendant que les artistes du Vaudeville répétaient les Deux Sœurs, que sont nés les Trois Amants.

Je donne cette explication au lecteur, afin qu'il ne s'étonne point de la ressemblance naturelle de cette troisième pièce avec ses deux aînées. Elles ont eu pour inère, avec la même inexpérience du théâtre, la même façon de concevoir le Vrai transporté delà société sur la scène : — rien qui soit faux ni faussé dans le langage des personnages, dans leurs caractères, dans leurs sentiments, dans leurs situations.

Plus d'un progrès accompli et plus d'un succès obtenu dans cette voie, encore à peine effleurée en France, ont victorieusement attesté que je ne me trompais pas quand je prétendais « qu'il y a, dans les profondeurs du Vrai, mais du Vrai sans alliage et sans placage, une foule de situations nouvelles qui seraient éminemment dramatiques si les auteurs avaient l'audace de les aborder et si les spectateurs cessaient d'avoir pour le théâtre une sévérité qu'ils n'ont pas pour leur miroir, a

La devise que j'ai adoptée, il y a trente ans, sans

iv PREFACE.

variations sur ce thème : Tue-la! Ne la tue pas! appelèrent sur cette pièce, devenue pièce de circonstance, l'attention du nouveau directeur du Vaudeville. Dès le lendemain du jour où il l'avait lue, tous les rôles étaient distribués, tous à l'exception d'un seul, tous, à l'exception de celui" pour le succès duquel il eût fallu une actrice qui possédât le talent qui a mis hors rang •mademoiselle Desclée.

L'actrice manquant au rôle, voilà pourquoi la pièce n'a pas été représentée au théâtre du Vaudeville et voilà pourquoi elle paraît chez Michel Lévy.

Quoique exactement photographié, il y avait aussi un autre rôle difficile à traduire à la scène dans tome sa vérité, c'était le- rôle du baron de Valroy, mari à la fois infidèle et jaloux, qui oublie tout àconp la situation qu'il avait acceptée au domicile de Léena pour se souvenir, au domicile conjugal, un revolver à la main, de l'article 32^ du Gode pénal et du dénoûment de Diane de Lys, au risque d'encourir la condamnation à cinq années de réclusion qui a frappé Leroy du Bourg, le meurtrier de Denise Mac Leod, sa femme.

Le lecteur et la critique décideront si, dans ces conditions de pénurie d'interprètes dramatiques, j'ai eu raison ou j'ai eu tort de ne pas vouloir accepter la bataille de la rampe.

Emile de Girardin.

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