LEE XV
Comment n'as-tu pas deviné ce que, moi, j'ai deviné tout de suite.
ALPHONSE
Quoi donc?
LÉEXA.
Aveuglé comme tu l'es par l'amitié, tu n'as pas vu que c'était ton ami Maurice Evry qui avait donné à ta femme le désir et peut-être même le conseil de venir examiner ce qui t'attirait et te retenait ici!
ALPHONSE
Toutes les femmes supposent des ûnesses où il n'y en a pas. Pourquoi Maurice lui aurait-il donné ce conseil?
LEENA.
Tu ne mérites pas ma tendresse... tu es trop bête! Mais il lui a donné ce conseil, qui a pleinement réussi, pour qu'elle ait
une arme qui lui serve à se défendre contre toi et ta jalousie. Avise-toi maintenant de lui faire un reproche, et tu verras ce qu'elle te répondra... C'est une maîtresse femme! Il suffit de la voir un instant pour la juger.
SiJ'étais sûr que ce soit Maurice qui lui ait donné ce perfide conseil !
LÉENA.
Eh bien, que ferais- tu?
ALPHONSE
Je me vengerais.
LÉENA.
Gomment?
ALPHONSE
Je ne sais pas encore, mais je n'aurais qu'à chercher pour trouver.
LÉENA.
Voulez-vous mon avis? Il n'y a qu'une seule vengeance à en tirer. Mais celle-là serait la bonne.
ALPHONSE
Laquelle?
LÉENA.
Leur tendre à tous deux le piège le plus simple, celui dont on devrait toujours se défier et dont on ne se défie jamais : les surprendre en flagrant délit de conversation imprudente; faire à madame ton épouse un bon petit procès bien retentissant en