MAURICE, LOUISE
MAURICE
Le misérable !
LOUISE
Dites le malheureux, car il était aussi embarrassé pour rester que pour Sortir. (Elle s'assied et se dispose à écrire.)
Sans votre présence d'esprit, sans votre courage... Quel courage! il me tuait, le Code à la main, et vous tuait ensuite.
LOUISE
Eh bien, mon ami, avais-je tort de résister à un moment de délire et de vouloir conserver le droit de porter en toute circonstance la tête haute! Si le poids d'un tort m'avait forcée de la baisser, nous étions perdus tous les deux.
MAURICE
Vous m'avez sauvé la vie: à moi maintenant de sauver votre réputation, même au prix de mon existence.
LOUISE
Non, non, pas de duel! Vous savez bien que le monde, qui juge sur les apparences, est toujours disposé à condamner la femme et à absoudre le mari... Si mon mari vous tuait, il aurait pour lui tous les maris et plus certainement encore toutes les femmes. C'est ainsi qu'elles sont! Et si vous le tuiez, que deviendrais-je? Pensez-y! notre amitié serait à jamais brisée. Non, non, pas de duel entre vous!
MAURICE
C'est votre mari qui m'a provoqué.