LE SPECTATEUR IMPARTIAL
18 an-il 1916.
L'Amérique est un pays neuf où la distinction des Églises et de l'Ëtat s'ébauche à peine. Personne ne se prive d'y comftiânter en publie les livres sacrés, le président Woodrow Wil8on,y monte en chaire et l'onction ne manque pas à ses prônes. Celui que transmet le correspondant new-yorkais du Daily Telegraph fera, je crois, le tour du monde, car, malgré le caractère privé de ces pieuses manifestations de haute conscience individuelle, il est bien difficile de négliger absolument le sens politique de la morale enseignée & l'église méthodiste de Marylaod par le premier magistrat de l'Union.
Ce sont des jours de grande perplexité, a dit le président Wilson dans un langage qui le peint Inî-mème mieux encore que nos sombres jours. Un grand nuage, a-t-il ajouté, assombrit la plus grande partie de l'ho-
II semble que de grandes forces matérielles et aveugles, contenues depuis longtemps, aient été déohainées et que, cependant, on puisse distinguer au-dessous d'elles la forte impulsion d'idéals élevés.
Il serait impossible k des hommes d'endurer ce qu'ils souffrent sur les champs de bataille d'Europe, d'affronter les ténèbres où se livre la terrible lutte, s'ils ne voyaient pas ou ne croyaient pas voir grandir la lueur aurorale d'où va s'élancer le solei!
Les neutres étaient incertains de leur devoir ■- ils vont commencer & le déoouTPir, dono à l'accomplir.
M. Wilson n'en voit que l'aube. Patience, lui aussi, saura saluer son soleil.
Il le salue, et doublement dans ces termes curieusement impartiaux auxquels aboutit, non sans sur~ prise, le mouvement de la phrase et de la pensée interrompues. Les peuples ne se battraient pas...
... s'ils ne croyaient pas, chacun dk leur cotA, soutenir QUELQUE PRINCIPE ÈTBHNBL de droit.