M. WILSON RECOURT AUX ARMES
Washington, 2 avril, — La sé&nce d'ouverture de la session a commencé, suivant l'usage par la récitation de la prière qui a été faite par le même chapelain aveugle qui la récita lors de la guerre d'Espagne. ■ La diplomatie a échoué, a-tril dit; la persuasion morale a échoué; les appels à la raison et à la justice ont été écartés. Nous abhorrons la guerre; nous aimons la paix; mais si la guerre nous est imposée ou doit nous être imposée, nous prions pour que tous les cœurs américains battent au même unisson patriotique, pour . que le peuple uni se rallie autour du président et lui doive l'autorité voulue pour prendre toutes les mesures jugées nécessaires pour protéger la vie des citoyens américains et sauvegarder notre héritage»
Telles sont les premières lignés des i dépêches Havas envoyées de Washington en Europe. Noua les avons reproduites afin d'informer notre public. Nous regrettons de ne pas les voir dans tous les journaux. Cette oraison ne montre pas mal la forme exacte de l'esprit public américain, son tour religieux, sa passion patriotique et nationaliste ; bien plus que le document, combien est significatif le témoin qui le porte : plus qite cette prière combien est signilicatif le chapelain qui la fait!
Il avait fait, voilà moins de vingt ans, ta même prière pour l'ouverture de la guerre de 1898, qui a marqué le premier pas de la puissance américaine dans la direction de l'Europe. Cç n'était pas une
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guerre de défense, non. Il fallait < affranchir > de belles lies, les unes toutes proches, comme Cuba, utiles et commodes é la vie de l'Amérique, les autres éloignées comme les Philippines, mais jugées essentielles à l'expansion de l'empire de l'Union.
Il aura BufQ à M. Woodrow Wilaon de déclarer que son présent objectif était désintéressé, c'est-àdire n'avait d'autre intérêt que de répondre à des offenses, à des Insultes et à des dommages matériels, pour déterminer un peu psirtout dans notre presse des conclusions précipitées sur l'éclipse fatale de l'esprit de conquête ou sa disparition de l'Amérique du Nord. chapelains laïcs de la démocratie, vous êtes encore plus aveugles de ce cdté de l'Océan que votre vénérable confrère de Washington! Et oeax d'entre vous qui ont gardé des yeux pour y voir tiennent oertaihement & aveugler ou à abrutir leurs clients quand ils racontent dans leurs journaux, comme Bracke à, l'Humanité, que < les peuples maîtres d'eux-mêmes garantissent la p&is I »
L'AUTOCRATE D'OUTRE-MER
9 avril 1911.
M. Milioukof, ministre des Affaires étrangères du Gouvernement provisoire russe, prend acte de l'évolution de M. Wilson '. On a connu une t ancisnne opinion de M. Wilson ■ sur les buts de guerre de l'Entente, et elle leur était défavorable. Elle est aujourd'hui favorable aux principes soutenus précédemment par c MM. Briand, Asquith, lord Grey et autres hommes d'Etat alliés *. Le président des Etats-Unis reconnaît la nécessité de la victoire pour la pais, il admet nos * buts concrets ■.
M. Milioukof a grandement raison d'insister sur le fait de cette évoluti&n accomplie dans le court espace de quelques mois. Elle est allée s 'accentuant dans le sens antigermanlque. Elle s'accentuera, n'étant pas terminée. M. Wilson s'est rendu compte assez vite que l'Entente et les Empires centraux n'étaient pas à égalité, comme le lui montrait une illusion de jugement : il verra peu à peu se dissiper l'autre illusion qui lui fait distinguer entre les populations impériales et leurs conducteurs. En France, nous avons donné en plein, presque tous, dans cette erreur au commencement de û guerre. Un communiqué d'août 1914 mentionnait gravement que des prisonniers boches s'étaient plaints de cette * guerre