EXPLIQUONS M. WILSON A LA FRANCE
national. Leurs souvenirs nationaux sont forts, mais limités, ils en ont vite fait le tour : La Fayette et Washington en sont lea colonnea d'Hercule dans le passé. Leur patrie aussi est i faire. Précisément, parce qu'il est très vif et très fier, comme il est très récent, le patriotisme américain ne comportant pas de longues réserves dut être ménagé par un homme d'Etat aussi avisé que Mi Wilson: sensible et exalté à la surface, îl a besoin d'être un peu détourné de luimême de crainte qu'en s' analysant il ne s'affaiblisse, M*' Baudrillart qui revient d'Amérique ne nous ditil pas qu'A Chicago il a compté des catholiques appartenant â vingt-six nationalités différentes? Nationalités doit signifier ici, comme au moyen âge, langues ' et même races. Ajoutez que les vingt-six foyers primitifs européens ou asiatiques ont pu fournir aussi des adhérents à vingtrsix fois vingt-six religions ou sectes différentes. Et voua pouvez conclure que s'il est prudent et politique de fortifier, de dovbler le patriotisme américain en faisant des appels vigoureux  d'autres sentiments du même ordreoud'ordre convergent, ils doivent être choisia aussi généraux et même aussi vagues que possible sous peine de créer deadissensioDsetdes troubles là où il s'agit de cimenter l'union,
MORALE ET RELIGION AMÉflICAlNËS ■
Encore ne parlons-nous que des villes. Mais dans ' les campagnes où la population est loin d'être agglomérée, les différences morales sont accrues par les éloignementg matériels. Iià encore, à plus forte raivta, si l'on veut se faire entendre,,8i l'on veut réunir,.
rasspiD^ler, )1 faut reco)inr ^i;x principes foodamentaux de l'ordre élémentaire, absolu, qui ont excité l'enthousiasme raisonné et grave, la foi sérieuse des oommen céments de l'humanité et de la cité : — Tu ne tueras point. Tu np trahiras point. Tu ne mentiras point. Tq ne voleras point. Tu seras liuqiaîn envers les prisonniers et les misérables. Tu seras juste... Si hautes et si pures que soient les abstractions morales enveloppées dan^ ces préceptes, elles sont cependant familières au colpn coipme au portefaix d'Amérique : es sont cpUes que l'an prêche au tefnple ou ^ l'église chaque dimanche, et ce sont celles que répand le prêtre ou le ministre quaqd le vagon dominical s'arrête au fond d'un pays d^ défnp))enieiit. D'idées générales plus actives, ni plu^ puissantes, d'idées -forces, plus efficaces, l'Amérique prise dans sa maesp n'en connait point, réserves faites du souvenir (iç gratitude gardé à l'intervention de Lquis XVI. On eût perdu son temps à lui prêcher une prise d'armes politique contre le germanisme. Enpréchant la croisade mor^e, au nom du Juste et du Qon paq^re l'Inique et le Mal, M> Wilsop 4 atteint son but qui était le nôtre : il a été compris, suivi. L'eût-it été autrement? Voilà pe qu'il faut regarder.
Ce regard sardes réalités moins complexes qi|e ïen nêtres ne diminuent certes pas l'énorme danger et le danger pressant, que comporte l'appUcation - directe et simpliste de principes aussi généraux & des situations aussi dif^çiles. H. Wil^on pat innocent de ces répercussions malheureuses. Ce qui est régression de ce côté de l'océan, ce qfie nous avons le droit de jqger trop vague ou trop général ppyr régler
len- 1 Bité ^