ACTE PREMIER
madame qui va arrive.'! (ii s'assied.) Pauvre monsieur 1 pauvre monsieur!
Il se frappe le front.
SYLVESTRE, le regarddnt avec une certaine inquiétude, à part.
C'est un licl... Comment peut-on garder un domestique comUieça!
BAPTISTE, se levant, à part.
J'ai trouvé : je vais lui faire peur! (ll sonne, a Annette qui entre.)
A-t-on apporta les épées de combat et les pistoleis de duel que moDsieur a achetés hier? (Bas à Annette.) Si vous avez un peu d'amitié pour moi, dites oui...
ANNETTE
Oui... je crois...
BAPTISTE
Et vous les avez déposés dans l'arsenal de monsieur... C'est bien!
ANNETTE, à part, en s'en allant.
Qu'est-ce qu'il raconte? L'amour lui aurait-il brouillé la tête?
Elle sort.
11 paraît que monsieur Duprailion est grand amateur d'escrime?
BAPTISTE
Mon maître... je crois bien... le premier tireur de France, quarante années de salle, (sylvestre le regarde étonné.) Oui, monsieur, quarante années... il a commencé... haut comme ça!
Il montre de la main, SYLVESTRE .
Vraiment!
BAPTISTE
Aussi vous comprenez, monsieur Durand, combien il est dangereux de venir lui demander raison !
SYLVESTRE, à part.
Pourquoi m'appelle-l-il monsieur Durand?
BAPTISTE
El d'ailleurs entre nous, là... qa'osi-ce qiie c'est qu'une taloche?
SYLVESTRE
Comment... une taloche?
BAPTISTE, ge méprenant et reculant.
Après dîner, bien entendu, après dîner.
SYLVESTRE, à part.
il csi tout à Ml loque, cet aniinal-là 1
BAPTISTE, à part.
Saprisli... c'esl un dura cuire.., Çi n'ira pas loul seul, (naui.) Savez-vous ce que je lui ai vu lare à mon niail:e, monsieur? Non, n'est-ce pas... Eh bien ! je vais vous le dire... C'élail à la forêt de Foniaineblcau. Il se b.ittiil au pistolet ?vec un colonel de dragons. Les adversaires étaient comme ceci, lenez... (il »e met en position.) Supposez quc VOUS étes le colonol... OU frappe les trois coups. Le colonel lire un quart de seconde avant monsieur, mon maître voit la balle qui arrivait droit sur son cœur... et paf ! sans viser il arrête la balle du colonel, à un mètre cinquante de lui 1
SYLVESTRE
Voyez-vous ça ! (a pan.) Il ne faut jamais contrarier les fous.
BAPTISTE, triomphant.
Eh bien 1 qu'est-ce que vous en dites?
SYLVESTRE, impatienté.
Eh ! sacrebleu ! que voulez- vous que ça me fasse tout ça !
BAPTISTE
Gomment que... (changeant de ton.) Eli bicn, vous êtes un rude gaillard alors ! Comme dome>lique je vous blâme , mais comme
IlOmme je vous admire, (ll va pour lui tendre la main. Dupraillon crie :
Baptiste') Oh! mon maître I