‹ Les trois chapeaux; comédie en trois actesChapitre 3 sur 59 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Au lever du rideau, la scène est vide. Il fait obscur. Dupraillon entr'onvelt. porte du fond, à gauche, et entre avec précaution après s'être assuré qu'il n'y a personne. Il a un pardessus dont le col est relevé, il secoue son chapeau qui est ruisselant de pluie. 11 traverse la scène sur la pointe des pieds et entre dans sa chambre à droite, troisième plan. — Un instant après, Adolphe entre par la même pjite. — Même jeu que Dnpraillon. Il tient ses bottes à la main et disparaît par la porte de gauche, deuxième plan.

BAPTISTE, pois ANNETTE.

BAPTISTE, entrant par la porte de droite, deuxième plan. II est en costume ae matin, plumeau sous le bras. Bâillant et s'élirant. Aôo ! j'ai bien dormi, (s'approchaat de la pendule.) Comment, il n'est que sept heures ! C'est bête, ça, d'avoir des horloges qui

avancent; la niirnne marquait huit heures ! Si j'allais me recoucher.. Ah! mais, j'y ponso... monsieur a là do bons cigares, et... Seulement, il faut les contiî.îue. Ainsi, il y a d'abord ceux qu'il fume, ce sont les meileurs; puis, ceux qu'il olfre à ses amis, c'est moms bon ; et enfin ceux qu'il n'serve à son bcaupôrc .. oh! ceux-là... (il fait la grimace.) Moi, qui r.e suis ni ami ni parcnl de monsieur (n prend un cigare.), il csi tout naturel

que je |)rennc les siens! (il coupe le bout du cigare et prena une allu-

rneiie.)!! faul avûucr qu'en e-i bien dans celle maison... Bon lit... bonne nourrilure... gonlillc soubrriie... Oh! ce n'est pas que... non !... mais j'aime à cire enlour(j de jolies femmes, moi. (ii allume son cignre.) lious cigarcs 1 Des (;gards, je dirais mt.'nie de l'affection... 11 est \rai que je suis le tilleul de monsieur Dupraillon ! tt puis, tout le monde est vertueux ici... et j'aime ça, moi. Ainsi, madame et mademoiselle sont parlies depuis hier matin pour Creil où elles ont une tante malade... Eh bien, je mrtirais ma main au leu que depuis onze heures monsieur est là à dormir bien lranquil!ement, et qu'il doit encore; et monsieur Adolphe aussi, le jeune homme qui a sauvé monsieur en chemin de fer el que monsieur a ramené chez lui.

ANNETTE, entrant p-jr la droite, à eUe-méme.

Personne ne doit être levé, • t je vais chercher leFtyoropour y lire le joli feuilleton qu'il public...

BAPTISTE, l'apercevant.

Mademoiselle Annelle !...

AN NETTE

Tiens... monsieur Bapii>te !

BAPTISTE

Quel heureux hasard I

ANNETTB.

N'e.st-ce pas?

BAPTISTE, à part.

M'aurait-elle entendu descendre et viendrait-elle pour moi ? (Haut.) Que vous êtes fraîche ce matin, mademoiselle Anneilel Scrais-je indiscret en vous demandant qui vous cherchiez ici?

Mais, je ne cherche personne, monsieur Bautisie.

BAPTISTE

Personne?...

ANNETTK,

JJaia non... personne.

Page 1