Scène II La porte de V appartement s'ouvre. Huot entre
P. — Tiens, encore quelque incommode.
Tiens, c'est H. ! Eh bien ! comment ça va, secrétaire universel, perpétuel?
B. — Et banal!
H. — Allons, ne me donnez pas ce vilain sobriquet-là, il a été bien et duement appliqué à J. V . . . r * ; que chacuu garde son bien.
P. — Eh bien ! quelles nouvelles, H. ?
H. — Tout va à merveille. J'ai eu des nouvelles de la Pointe-aux-Trembles, et nos résolutions y ont passé des mieux ; j'en ai eu aussi de presque tous les maîtres d'école, dont je fais la visite tous les étés, comme tu sais ; et je t'assure que ça va bien. C'est étonnant toutes les signatures d'enfants que l'on va avoir. Ça vient par centaines, par milliers ... Je t'en ferai un tableau . . . pour nous, s'entend.
P. — Et c'est pourtant tous mes paragraphes
i. Viger, (Jacques).
à deux, trois, quatre colonnes qui nous valent cela ; et quand vous aurez toutes les signatures des enfants qui ont fait leur première communion... car j'en ai fait une règle générale dans mon numéro du 14 courant. Mais après
tout, sac dié ! au bout du compte, vous me
laissez crever de faim. Voilà comme vous êtes!
H. — Allons, allons, P., je vois où tu veux en venir. Mais est-ce de ma faute ? Est-ce que je n'ai pas fait mon possible, depuis le commencement jusqu'à la fin de la session, pour te faire avoir de l'argent? Est-ce que je ne me suis pas fâché avec Papineau ? Est-ce que je n'ai pas pris, comme je le fais à chaque session, tous les comptes des contingents en main? Estce que nous n'avons pas fait ensemble — tu dois t'en souvenir — des projets de rapports, d'adresses, et moi des motions pour t'avoir de l'argent? Mais la clique, oui, la clique, n'a pas voulu m'écouter .. . Sois bien content d'avoir obtenu le contrat de la Chambre pour imprimer le journal et tout le reste ... Et à qui doistu tout cela, sinon à moi ?
B. — Pour ça, oui, citoyen P. Je suis témoin de tout ce que H. a fait pour le Canadien. Il a intrigué de son mieux auprès de tous les
membres. Je m'en suis mêlé aussi, moi, mais L,af ,..\ Rod . . . 2, et les autres nous disaient : « Est-ce que la Minerve a besoin des impressions de la Chambre pour se soutenir ? Et puis, votre éditeur du Canadien, qu'a-t-il donc tant à se plaindre ? . . . N'a-t-on pas arraché la place de bibliothécaire du fils du plus ancien serviteur de la, Chambre — place qui ne valait que ^30 à £\o — pour la donner à votre M. P. à raison de ^200, et puis ...»
P. — Ah ! les infâmes . . . est-il possible de me traiter ainsi, moi qui beurrais la clique déjà deux ans avant qu'ils m'aient donné cette place ! Est-ce que je ne l'ai pas bien gagnée ? me refuser maintenant mes arrérages . . .
B. — Courage, citoyen éditeur, de la patience ; je me fais fort de te faire accorder tous tes arrérages avec les intérêts, et une prime par-dessus le marché, dès le second jour de la prochaine session.
P. — Pauvre m . . . e 3 déplanté, songe donc
1. Lafontaine (L.-Hyppolite) , député de Terrebonne, depuis le 26 octobre 1830.
2. Rodier, (B.-B.) , député du comté de l'Assomption, depuis le 30 juillet 1832.