‹ Les trois comédies du "Statu quo" 1834 [microforme]Chapitre 1 sur 41 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

N l’an de grâce 1834, les têtes canadiennes-françaises étaient assez sérieusement surexcitées. Les plaintes contre le régime administratif alors en

vigueur, toujours les mêmes, mais de plus en plus aggravées, s’exhalaient de tous les coins de la province. On avait déjà représenté à Sa Majesté que le peuple se plaignait hautement de ses souffrances. Des agents avaient été envoyés à Londres pour faire connaître les abus criaunts dont il était victime et les faire réprimer. Rien n'avait encore réussi. A Londres, on faisait mine d'écouter les agents, mais on ne s’occupait pas de faire droit à leurs réclamations.

Quels étaient ces griefs? Ils étaient légion. On disait ouverteme-t que depuis Murray, et

surtout depuis le départ de lord Dorchester, le peuple de la Province de Québec avait été constamment en butte à l'injustice, à la persécution, voire même à la tyrannie, enfin qu’il avait été mal gouverné. On criait bien haut que les autorités anglaises se croyaient tenues d’écraser le faible sans se soucier de ses lamentations et de ses protestations les plus justifiables ; que certains gouverneurs avaient agi contrairement aux règles tracées par la constitution britannique ; que les deniers du peuple étaient dilapidés, sans égard à ses privations et À ses souffrances ; qu’une certaine presse ne se lassait pas de jeter le mépris et l’insulte à la face de ce même peuple.

Il importait donc de mettre un terme à ce système d’oppression, vieux de trois quarts de siècle. Mais comment ? Quels moyens prendre pour amener l'Angleterre à mieux comprendre la situation faite aux Canadiens-fran- Sais par cette petite armée de fonctionnaires et de personnages à la solde du gouvernement de la Province ? C’est alors que Papineau, député

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de Montréal et président de l’Assemblée législative, résolut de s'entendre avec la députation canadienne pour exposer à nouveau les griefs dont il avait lui-même dressé le tableau. 11 communiqua son travail aux députés qu’il pouvait considérer comme des amis fidèles, entre autres à Elzéar Bédard, député de Montmorency, et à Augustin-Norbert Morin, député de Bellechasse. Plusieurs réunions eurent lieu chez Bédard, rue d'Auteuil 1, et là on discuta longuement les questions les plus importantes contenues en germe dans la mémoire de Papineau. Les membres de ce comité avaient été chargés de préparer un certain nombre de résolutions dont l’ensemble représenterait le tableau fidèle des griefs les plus sérieux. Tous se mirent résolument à l’œuvre et, leur travail terminé, ils avaient pu composer quatre-vingtdouze résolutions, et encore, devons-nous ajouter, la quatre-vingt-quatrième renfermait seize

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