Scène III
B. — Nous avons dans H. un trésor . . . Vraiment, ses intrigues sont admirables ! Je ne puis m'empêcher de lui rendre ce témoignage, quoiqu'il se soit servi des mêmes intrigues pour opposer mon élection.
P. — Oui, mais avec toute son intrigue, sa
brigue et tout le reste, sac . . . die ! il ne m'a pas fait avoir un seul sol durant la dernière session, et . . .
Un domestiqice e^itre et reyyiet îin billet à M. P,
P., après P avoir lu. — C'est un billet de B. qui m'annonce qu'il y a réunion chez lui dansun quart d'heure pour affaires pressantes. Allons. On trouvera là quelques bonnes têtes^ et nous en viendrons à quelque conclusion^, sans doute.
B. — De tout mon cœur, je vous suis.
P. — Attendez, il faut que j'emporte avec moi mon ouvrage chéri.
B. — Lequel ?
P. — Celui-ci Essai sur les Resohitions.
B. — En effet, c'est un ouvrage de circonstance. Je le lis assidûment tous les jours, et je l'explique à mes voisins du faubourg. Si vous voyez comme ils ouvrent les yeux à de certains passages. Ils s'imaginent déjà être à la tête des affaires, sous le nouvel ordre dechoses. Mais, entre nous soit dit, ils n'en tâteraient guère. Car après que nous serions tousplacés, il resterait peu de chose pour eux.
P. — C'est pourtant bien vrai, dans le fond,.
Mais tâchons de faire en sorte qn'ils ne s'en aperçoivent que dans ce temps-là.
B. — Ça leur a déjà été dit par ce Statu qicode la Gazette.
P. — Je voudrais bien le voir au diable, maître Statu quo !
B. — Il faut avouer qu'il nous a nialmenésdepuis quelque temps, et il n'a pas la mine de vouloir en rester là.
P. — Ou le découvrira et il s'en rappellera. L'Ami du Statu quo^ oui, tâchez de l'attrapper.
Un Ami du Statu quo^ Québec, i^^ mai 1834.
LE