SCÈNE X
DUPONT, CAMILLE
Coriace, qui a installé Camille à tablo, emporte le carton à gauche sur la commode, pendant que Camille écrit.
DUPONT, à part*.
Elle est charmante, cotle femme-là! — Ah [voilà une femme com'ne il m'en faudrait nne, c'est-à-dire comme il nous en faudrait iinp; oh bien non, je me trompe encore... comme il nous en faudrait trois... mais la nature est avnre de ses ouvrages véritablement soignés... je parierais qu'elle est fille unique... comme moi! (se reprenant.) je suis fils unique, oui !... Mes parents ont fait tout ce qu'ils ont pu, pour... Mais il n'y a pas eu uoyen!... La qualité remplace la quantité! Et quand on pense que son mari n'est pas bon pour elle... (Tapant sur le carton.) Gredin, va!
CAMILLE
A qui en avez-vous dopc, monsieur? à ce carton? que vous a-l-il fait? (silence.) Vous ne répondez pas?
DUPONT, éclatant.
Madame, votre mari e^t un gueux!
CAMILLE
Oh! taisez-vous, monsieur.
Elle se lève.
DUPONT, revenant à Camille.
Madame, vous vous êtes trahie, il vous rend malheureuse.
CAMILLE, avec dignité.
^ Quelques tristes qu'aient été pour moi les années écoulées, il est de mon devoir do ne plus laisser accuser mon mari.
DUPONT
Comment, madame, vous ne voulez pas que...
CAMILLE
Je suis Veuve.
DUPONT
Veuve... quel bonh... Ah! vraiment!... Quelle chambre impossible! pas un coussin pour mettre sous les pieds...
CAMILLE
Inutile, ma lettre est terminé':' et je vais...
Elle fait mine de sortir.
* Dupont, Camille à la table, écrivant.