SCENE PREMIÈRE
EUSÈBE, VAN TRUFFEN.
EUSÈBE, entrant du fond et précédant Van Truffên.
Voilà, monsieur; vous y êlos.
VAN TRUFFEN, bourru *.
Pourquoi me fait-on clmnger de chambre, celle que j'avais me convenait tout aussi bien que celle-ci.
EUsiÎBn:.
C'est que je vas vous dire, monsieur, le patron est à la noce. On ne savait pas qu'on avait alTaire à monsieur, mais voilà où l'on voulait mettre monsieur.
VAN TRUFFEN.
Ça m'est bien égal, du reste.
EUSÈBE
Si c'est comme ça qu'il remercie. (Montraut la porte de gauche.) Voilà une chambre avec un lit, on a ôlé celui qui était ici, pour faire un petit salon. On a bien fait, n'est-ce pas, monsieur.
VAN TRUFFEN.
Parbleu, il est clair que je n'ai pas besoin de deux lits.
EUSÈBE, riant.
Oui! Hi, hi,hil...
VAN TRUFFEN.
Qu'est-ce qu'il a, cet àne-là?
EUSÈBE
Monsieur a dit?...
* Eusèbe, Van Truffen.
-2 LES TROIS CURIACKS
VAN TBUFFEN.
Allons! avance, el plus vile que ça, imbécile. Débarrassemoi .
EUSÈBE, prenant le pardessus.
Oui, monsieur, (a pari.) Ah! le malhonnêle.
VAN TRUFFEN. *
Jelle tout cela sur le lit. Du reste, je ferai en sorte de repartir ce soir.
EUSÈBE, qui a porté le pardessus dans la chambre de gauche.
Je croyais que monsieur, restait huit jours.
VAN TRUFFEN, passant devant lui *.
A propos de quoi, crétin, à propos de quoi, voyons ?
EUSÈBE
Dam, je croyai?, monsieur Dupont.
VAN TRUFFEN.
Comment m'appelle- t-il, cet imbécile?
EUSÈBE
Je croyais...
VAN TRUFFEN, l'irailant.
Je croyais!... Et mon passe-pori, l'as-tu remonté?
EUSÈBE
Konl Si monsieur veut, je vas i'aller chercher.
VAN TRUFFEN.
Ce n'est pas la peine ; tu me le donneras tantôt. Je sors... A quelle heure dine-t-on ?
EUSÈBE
A six heures, monsieur Dupont.
VAN TRUFFEN.
Encore. Je me nomme Van TruITen, entends-tu?... Et je le défends de m'appelcr autrement.
11 sort par le fond.