‹ Les trois légendes de madame Saincte Anne [microform]Chapitre 12 sur 112 · UNE FEMME FUT LA MÈRE DE MARIE · texte numérisé non relu

UNE FEMME FUT LA MÈRE DE MARIE

Mais cette ligne ou ce fait, —fait immense—implique un commentaire, Gloriosa dicta sunt de te. La gloire, c’est d’abord ce simple mot: MÈRE DE MARIE, titre exceptionnel, unique, transcendant ; c'est aussi l'accompagnement obligé, naturel, d’un pareil titre et d’un pareil privilège, Or, ces “choses glorieuses” qu’on a dites de la “Mère de Marie” constituent dans leur ensemble, sinon une histoire, du moins . une “page à lire,” une “ légende, ” légende vénérable | à tous les-points de vue et chère à toutes les âmes chrétiennes.

Après tant d’autres, nous allons nous-même la

Fig. 3. Stalle de la qe v à F ; ; cathédrale d'Ulm. raconter tout à l'heure, mais il convient d’abord d’en

indiquer et discuter les sources,

On le sait, la source n’est pas l'Evangile. L'Evangile garde le silence sur notre chère Sainte, un silence absolu, jusqu’à nous taire même son nom.

) hinte Anne.

Pourquoi ?

On dirait un mystère. Car pourquoi, en effet, ce même Evangile, si riche de détails sur saint Jean-Baptiste, par exemple, sur ses pre-

miers tressaillements au sein de sa mère, sa naissance, ses années M de solitude, ses prédications dans le désert, sa captivité, son mar. tyre, laisse-t-il, au contraire, dans une ombre impénétrable les très M

saints et glorieux personnages dont les destinées furent si inti-

mement liées à l'œuvre de notre rédemption ? Une page contien- M drait tout ce qui concerne directement la sainte Vierge; il est à peine ls fait mention de saint Joseph, et de sainte Anne, encore une fois, M

pas même le nom !

Pourquoi ?

Question souvent posée, et à laquelle on a répondu implicitement :

quant à notre Sainte, en répondant pour la sainte Vierge et saint Joseph.

éclairci? Le sera-t-il jamais ?

Si, pour Bossuet, la piété c'était le tout de l’homme, pour Dieu, À la ‘“ justice,” la sainteté, n'est-elle pas toute l'Histoire de l’homme, à et lui-même, voulant écrire ou dicter cette histoire, pouvait-il trouver #8 autre chose que ce qu'il a dit pour saint Joseph: Sosep a. ‘tem cum a

esset justus ?

Au moins, dira-t-on, ce mot qui résume tout, il l'a prononcé M

pour l'époux de Marie, Pour la mère de Marie, pourquoi n'a-t-il rien dit, rien dicté de semblable ?

A notre tour, nous demanderions pourquoi il l'aurait fait ? pour. quoi il se serait mis en peine, comme fait l’homme parfois, de M

prouver l'évidence ?

Est-il d'abord évident que les gloires célestiales de l’'Homme- Dieu rejaillissent sur sa mère à lui, et par contre-coup, sur sa mère à elle ? Et dès lors, leur dignité hors de pair, à toutes deux, leurs M privilèges incomparables, les reflets projetés sur elles par l'humanité M

trois fois sainte et vingt fois adorable du Sauveur laissent-ils place pour un seul mot qui tente de traduire l'admiration ou l'éloge ? En face

de la moindre beauté, la parole humaine expire, Or Dieu est fait ! comme l’homme, puisque l’homme est fait à l’image de Dieu —autre « mystère insondable,—et comment Dieu lui-même, regardant Marie, M

et regardant sainte Anne, pouvait-il parler ?

A-t-on cependant vraiment répondu, et le “mystère ” est-il {

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