ACTE !, SCENE 1. il
Congé dans le quartier du Roule,
Congé dans le quartiar d'Antin.
De vingt maisons où je nie fis maudire , Pour mon basson je me vis expulser.
CALOUZGT.
Après ça, qu'on vienne nous dire Que le talent n'est jamais déplacé , Et l'on ne cesse de nous dire Que le talent n'est jamais déplacé !
GROSBLEU
Ah! propriétaire, tu n'apprécies pas le basson! c'est jien, j'enverrai sous tes fenêtres toutes les orgues de Barbarie que je rencontrerai.
GALOL'ZOT.
Mon ami, ton congé l'égaré; monsieur de Boisfleury est, au contraire, fou de musique, à tel point que, pour entendre ma fille, il passe des deux, heures ici ; et que de bienveillance, que d'égards!... c'est actuellement lui qui demeure au premier, et moi qui habile celle loge, je suis bien au-dessous de lui... eh bien! il n'a pas l'air de s'en apercevoir, il me parle politique, rail quelquefois mon cent de piquet, et dimanche dernier il a bien voulu condescendre à accepter du cidre et des marrons... 11 faut êlre juste, c'est gentil de sa part.
Chassé par un propriétaire à cause de la musique... et l'on dit qu'Orphée apprivoisait les bêtes... c'en est fait, je ne crois plus à la mythologie... Mais de ma nouvelle maison on a dû venir aux informations chez
M. de lîoîsfieiiry ; je cours savoir ce qn'H aura pu dire
à mon nouveau propriétaire.
GALOUZOT.
Nous te reverrons?
GROSBLEU
Plaît-il?
GALOUZOT.
Nous te reverrons?
GROSBLEU. criant.
Pardiue, nous ne sommes encore qu'au sept... jusqu'au huit, je suis maître et seigneur dans cet immeuble .. Le cordon, s'il vousplali ?
GALOUZOT, tirant le cordon.
Farceur. \;i!
GROSBLEU
Air : Dans l'Opium elle Champagne.
Me chasser d'ici !
Ali ! c'est une injustice.
Allons savoir fi L'ennemi M'a Irahi.
Fasse le destin Qu'au moins dés demain Se puisse Dans une maison Reposer d'aplomb Ma tète et mon basson.
ENSEMBLE
Me chasser d'ici, elc.
COLOMBE. GALOUZO.T.
Vous chasser d'ici , Le chasser d'ici,
Ah ! c'est une injustice, Ah ! c'e^l une injustice.
Allez savoir si Va-t'en savoir si
Vous êtes accueilli. L'ennemi t'a trahi.
ACTK I, SCENE II. 13