‹ Les trois loges, comédie-vaudeville en trois actes. Par MM. Clairville et Hostein. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le théatre du Vaudeville, le 25 janvier 1845Chapitre 69 sur 69 · SOMMAIRE DE LA SEMAINE · texte numérisé non relu

SOMMAIRE DE LA SEMAINE

Bénéfice de M"' Marie Bouchet : Forte-Spada, drame. Les Enfants du délire, vaudeville. Le Panier fleuri, opéra-comique. — Mm0 Slolz : la Reine de Chypre, la Favorite. In Désert de Félicien David. — Polichinelle, les Farfadets. — La Jeunesse de Charles-Quint. Le manteau.

Le bénéfice de M"e Mai le Bouchet est peut-être celui qui a été le plus productif, à la salle du Parc, et cela se comprend : la Société Dramatique, à laquelle celle artiste prête chaque mois le concours de ce qu« l'on est convenu d'appeler son beau talent, avait loué la plus grande partie des stalles. Les pièces qui composaient ce bénéfice, il faut le dire ainsi, avaient été bien choisies pour attirer la foule : un draine, un opéra, un vaudeville , et mieux que tout cela , la voix admirable de M"™ Slolz. Le drame bien épicé. écrit avec

une certaine vigueur de style , et bien joué par D^velouis, Gêniez et Mme Doligny, avoit fait accourir les gens nerveux et sensibles ; l'opéra-comique,les admirateurs du gracieux talent de M. Couderc ; le vaudeville, les sans-soucis qui veulent rire aux gaudrioles avant tout, et la mélodie de M. Schubert chantée par Mme Stolz, les dilettanti de tous les points de la capitale. Quant à Mllc Bouchet, la reine de cette soirée, — la reine , car elle a été couronnée et ensevelie sous les fleurs comme jamais M,Ie Rachel et les plus grands artistes ne l'ont été ni ne le seront. — quant à Mlle Bouchet, disons-nous, nous n'avons qu'un conseil à lui donner, c'est de veiller à ce que le parfum de tous ces bouquets et tant d'encens ne lui portent pas trop au cerveau , et que la couronne de reine des Stalles ne l'aveugle pas comme il est arrivé déjà à plus d'une royauté d'un jour. — M"e Bouchet est une bonne actrice, sans doute, que le travail et l'étude, nous nous plaisons à le croire, feront supérieure un jour : etc'est alors seulement que les couronnes de vermeille vont bien aux fronts jeunes encore.

Un autre triomphe, un triomphe d'un autre genre a été, dimanche, celui de Mme Stolz dans la Reine de Chypre. La salle était plus comble ce soir là qu'elle ne le fut jamais; aussi l'enthousiasme a-l-il toujours été croissant, après chaque scène, après chaque acte, et cet enthousiasme s'est manifesté encore pendant les deux représentations qui ont suivi celle-là cette semaine. La cause d'un si beau succès, on nous le ra- «ônte depuis huit jours : c'est que Mma Stolz est tout*'

à-la-fois une excellente cantatrice et une excellente comédienne, deux mérites assez rarement réunis, et l'on a ajouté, ce qui est encore vrai, qu'elle a dans le regard et dans toute sa personne celte dignité qui sied bien aux grandes reines d'opéras. Enfin , disons-le, cette artiste nous est revenue aussi belle et plus séduisante qu'autrefois, — comme on voudrait, mais en vain, voir revenir encore à soi, même au midi de la vie, quelqu'illusion chère et regrettée.

La symphonie de M. Félicien David a attiré la même affluence de monde à chacune des exécutions de cette œuvre remarquable. Celte admirable musique descriptive saisit et impression l'organisation la plus rebelle à l'harmonie, et nous croyons, pour notre part, qu'outre toutes les gloires qui revienent à l'auteur déjà célèbre de cet œuvre, la moindre ne sera pas d'avoir contribué à populariser encore l'art musical en le rendant intelligible à un plus grand nombre.

Nous ne dirons rien aujourd'hui des autres pièces jouées cette semaine sur nos théâtres royaux : les principales sont énumérées dans le sommaire qui précède cet article.

— A peine une célébrité artistique nous qnitte-t-elle que l'Administration s'empresse de la remplacer. Frédéric Lemaitre.que tout Paris accueille chaque soir au bruit de ses bravos, paraîtra sur nos théâtres royaux la semaine prochaine.

Samedi 22 février 1845.

J-B. D» Pur.

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