SCÈNE V CATHERINE, puis D'ALBRET
D'ALBRET, à la cantonade au fond *,
Dételle les chevaux et mets-les à l'écurie.
CATHERINE, à part.
Qu'est-ce que tout ce monde-là va devenir?...
1 D'Albret, Catherine.
D'ALBRET, entrant.
Quel singulier château!... personne dans les cours, ni dans
l'escalier, ni dans les Vestibules... (Apercevant Catherine.) Ah! si
vraiment ! une jolie fille, qui porte d'une manière charmante notre costume béarnais ! (La saluant et l'interrogeant.) Mademoiselle Béatrix d'Aubigné ?...
Ma marraine est très-souffrante, monsieur; depuis plusieurs jours, elle n'a pas quitté la chambre... et ne peut, à son grand regret, vous recevoir. Qui lui nommerai-je? d'albret.
Le comte Louis d'Albret, un compatriote... un Béarnais, qui, chargé par madame de Maintenon d'un message en Espagne, avait ordre, à son passage, de voir mademoiselle d'Aubigné d'abord... et ensuite M. d'Aubigné, son frère.
CATHERINE
Monsieur, qui est averti, ne tardera pas à descendre.
D ALBRET, mettant srr la fable son mrmtPau et son chapeau.
A son aise! J'attendrai!... il est peut-être à déjeuner?...
CATHERINE, vivement.
Non, monsieur ! non, je puis vous l'attester ! d'albret.
Tant mieux ! Du vivant de son père... et lorsque nous étions encore bien jeunes, Henri d'Aubigné et moi avons fait quelquefois des armes ensemble au château d'Albret, chez mon oncle; il était déjà fort adroit.
CATHERINE
Je crois bien...
d'albret.
Nous renouerons connaissance... à table! (n passe *.)
CATHERINE, à part.
Ah ! mon Dieu ! (Haut, timidement.) Est-ce que monsieur viendrait pour déjeuner?...
d'albret.
Sans cérémonie... sans façon... ce qu'il y aura!... moins que rien !
' Catherine, d'Albret.