ACTE IV, SCENE VII
MADELON
Monsieur Zurich est certain qu'on vient d'entrer, non pas chez nous, mais par la petite porte à côté, celle du parc.
LA DUCHESSE
Ce n'est pas possible... qui donc ?
MADELON
Monsieur Zurich, qui était couché, n'en sait rien... mais il a entendu de son lit une clef tourner dans la serrure, les portes s'ouvrir, se refermer ; il a vu des pas sur la neige.
LA DUCHESSE
Il fallait courir !
MADELON
Il s'est levé, a ouvert la fenêtre, n'a rien aperçu... et puis, s'il faut vous le dire... il fait froid, et monsieur Zurich est frileux...
LA PRÉSIDENTE, avec crainte et regardant Henri.
Ah ! mon Dieu ! un homme se serait-il introduit ici ?
LA DUCHESSE, à part, regardant Henri.
Encore un !
LA PRÉSIDENTE
Le loup dans la bergerie !... Quelle horreur ! Voyez, Duchesse, voyez, de grâce, examinez, interrogez...
LA DUCHESSE
Certainement î (a Mudeion.) Je te rejoins, (iiadeiou sort par le fond.
La Duchesse, s'adressant à la Présidente et montrant Henri.) Quant à madame, comme je vous le disais, elle ne peut se rendre ce soir au salon.
LA PRÉSIDENTE, vivement.
Je comprends bien... Elle a raison, si elle est fatiguée...
LA DUCHESSE
Il vaut mieux qu'elle se repose*..
C'est tout naturel.
LA DUCHESSE
Tenez*., là... dans ce petit salon...
LA PRÉSIDENTE, ouvrant la pute à droite.
Un feu excellent..;
LA DUCHESSE
Elle y sera à merveille... et i] vaut mieux que, ce soir, personne ne la voie.
LA PRÉSIDENTE
Que nous !
LA DUCHESSE
Veuillez donc faire comprendre à ces dames... qu'il est impossible...
LA PRÉSIDENTE
Elles ne comprendront pas, si vous ne vous en chargez vous-même... Allez vite... je resterai1...
LA DUCHESSE
Ne disions-nous pas que madame avait besoin de repos ?...
(S'adressant à Henri. J N'est-Ce pas ? (A voix basse.) Attendez-moi. (Elle s'éloigne de quelques pas.)
LA PRÉSIDENTE, de l'a u Ire côté, à voix basse.
Je reviendrai.
LA DUCHESSE, qui a fait que'qucs pas vers le fond, s anèle.
Venez-vous, Présidente ?
LA PRÉSIDENTE
Oui, Duchesse.
TOUTES LES DEUX, se tenant le bras et faisant signe de la main à Henri.
Adieu, notre hôtesse... adieu !