VIE
Les trois mousquetaires IIT Chapitre LV
— Je ne veux pas promettre, dit Milady, car personne plus que moi n’a le respect du serment, et, si je promettais, il me faudrait tenir.
— Eh bien! dit Felton, engagez-vous seulement jusqu'au moment où vous m'aurez revu. Si, lorsque vous m'aurez revu, vous persistez encore, eh bien ! alors, vous serez libre, et moi-même je vous donnerai l’arme que vous m'avez demandée.
— Eh bien! dit Milady, pour vous j'attendrai.
— Jurez-le.
— Je le jure par notre Dieu. Êtes-vous content ?
— Bien, dit Felton, à cette nuit!
Et il s’élança hors de l'appartement, referma la porte, et attendit en dehors, la demi-pique du soldat à la main, comme s’il eût monté la garde à sa place.
Le soldat revenu, Felton lui rendit son arme.
Alors, à travers le guichet dont elle s'était rapprochée, Milady vit le jeune homme se signer avec une ferveur délirante et s’en aller par le corridor avec un transport de joie.
Quant à elle, elle revint à sa place, un sourire de sauvage mépris sur les lèvres, et elle répéta en blasphémant ce nom terrible de Dieu, par lequel elle avait juré sans jamais avoir appris à le connaître.
— Mon Dieu ! dit-elle, fanatique insensé ! mon Dieu ! c’est moi, moi et celui qui m'aidera à me venger.
Con ES