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On les remarque dans les endroits déserts

Les trois mousquetaires III Chapitre XLVI

craindre ne sont pas celles de l'ennemi.

— Mais il me semble que pour une pareille expédition, nous aurions dû au moins emporter nos mousquets.

— Vous êtes un niais, ami Porthos ; pourquoi nous charger d’un fardeau inutile ?

— Je ne trouve pas inutile en face de l'ennemi un bon mousquet de calibre, douze cartouches et une poire à poudre.

— Oh! bien, dit Athos, n’avez-vous pas entendu ce qu’a dit d’Artagnan ?

— Qu'a dit d’Artagnan ? demanda Porthos.

— D’Artagnan a dit que dans l’attaque de cette nuit il y avait eu huit ou dix Français de tués * et autant de Rochelois.

7 Avi.

— On n’a pas eu le temps de les dépouiller, n'est-ce pas ? attendu qu’on avait autre chose pour le moment de plus pressé à faire.

— ÉHbienz

— Eh bien ! nous allons trouver leurs mousquets, leurs poires à poudre et leurs cartouches, et au lieu de quatre mousquetons et de douze balles, nous allons avoir une quinzaine de fusils et une centaine de coups à tirer.

— Ô Athos ! dit Aramis, tu es véritablement un grand homme!

Porthos inclina la tête en signe d'adhésion.

D’Artagnan seul ne paraissait pas convaincu.

Sans doute Grimaud partageait les doutes du jeune homme; car, voyant que l’on continuait de marcher vers le bastion, chose dont il avait douté jusqu'alors, il tira son maître par le pan de son habit.

— Où allons-nous ? demanda-t-il par geste.

Athos lui montra le bastion.

— Mais, dit toujours dans le même dialecte le silencieux Grimaud, nous y laisserons notre peau.

Athos leva les yeux et le doigt vers le ciel.

Grimaud posa son panier à terre et s’assit en secouant la tête.

Athos prit à sa ceinture un pistolet, regarda s’il était bien amorcé, l’arma et approcha le canon de l'oreille de Grimaud.

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