‹ Les trois mousquetaires. Illustrés (volume 2)Chapitre 9 sur 46 · L -p.an arrtva en vue du petit terrain vasne · texte numérisé non relu

L -p.an arrtva en vue du petit terrain vasne

q -d de ce monastère, Athoï itlendait de-

P'- .. ,- . g{ mjjj sunnajt y jt^jt ^qq,.

p: Lue, et le plus rigoureux ca-

su- - .. .ait rien à aire.

— ijours cruellement de sa blessure,

Î.:., . .. - c a neuf par le chirurgien de M. de

révijie. s'éi r une borne et attendait son adver-

saire aver c- , nce paisible et cet air digiie qui ne

l'ahand ;<. .\ l'aspect de d'.^rtagnan, "il se leva

et fit p' r;e< pas au-<levant de lui. Celui-ci, de

son coté, n c: iversaire que le chapeau à la main

et sa plume ;. - (u'à terre.

— Monsieur. a;L .Athos, j'ai bit prévenir deux de mes •mis qui me serviront de seconds, mais ces deux amis ne (Ont point encore arrivés. Je m'étonne qu'ils tardent : ce v'est pas leur habitude.

— Je n'ai pas de second, moi. monsieur, dit d'.\rtagnan, tir, arrivé d'nier seulement à Paris, je n'y connais encore ( er>onne que M. de Tré^ille, auquel j'ai été recommandé F v mon père, qui t l'honneur d'être quelque peu de ses imis.

.Athos réfléchit oo iastanL

— Vous rif r.innsitiei ,iiip H, HeTréTÎUe? demandât-il.

— Oui, n que lui.

— .Ah ça n - . arlant moitié à lui-même el moitié a d'.Artagnau. an çi mai>, si je vous tue, j'aurai l'air d'un miapeur d'pnfanls. moi !

— Pas trc ;. avec un salut nui D" rr [puisque vous ir ' : de tirer . c[,e« coi.iri moi afec une t. devei être fort incommodé

— . 1 ^ur ma parole, et vous ra'avei fait Bo ma. i> le dire; mais je prendrai la main

c nt

gaucher e^^t - rour les gens qut né sont pas pré-

venus, il" rf ie ce pas vous avoir fait part plus

lôtdt r.

— ^ • monsieur, dit d'.Artagnan en s'incliDaii'. e courtoisie dont je vous sais on •e peu' I tat

— Vous roe rendez rnntas. rwoodit Athos avec son air

de gentilhomme: causons donc d'autre chose, je vous nrie, à moins que cela ne vous soit désagréable. Ah '. sangb^eu ! que vous m'avei fait mal : l'épaule ïne brûle.

— Si vous vouliei permettre... dit d'.Artagnan avec timidité.

— Quoi, monsieur ?

— J'ai un baume miraculeux pour les blessures, un baume qui me rient de ma mère, et dont j'ai fait l'épreuve sur moi-même.

— Eh bien ?

— Eh bien ! je suis sûr au'en moins de trois jours ce baume vous guérirait, et, au nout de trois jours, quand vous seriez guéri, eh bien ! monsieur, ce me serait toujours un grand honneur d'être votre homme.

D'Artagnan dit ces mots avec une simplicité qui faisait honneur à sa courtoisie, sans porter autrement atteinte a son courage.

— Pardieuî mossienr, dit Athos, voici une proposition qui me plaît, non pas que je l'accepte, mais elle seut son gentilhomme d'une lieue. C'était ainsi que parlaient et fais;iient ces preux du temps de Charlemagne sur lesquels tout cavalier doit chercher à se modeler. Malheureusement, nous ne sommes plus au temps du grand epipereur. Nous sommes au temps de M. le cardinal." et, d'ici a trois jours, on saurait, dis-je, que nous devons nous battre, et l'on s'opposerait d notre combat. .Ah çà mais, ces flâneurs ne viendront donc pas ?

— Si TOUS êtes pressé, monsieur, dit d'.Artagnan à Athos, avec la même simplicité qu'un instant auparavant il lui avait proposé de remettre le duel à trois jours, si vous êtes presse et qu'il vous plaise de m'eipédier tout de suite, ne TOUS gênez pas, je vous en prie.

— Voilà encore un mot qui me plait, dit Athos en faisant un gracieux signe de tête à d'.Artagnan ; il n'est point d'un homme sans cervelle et il est à coup sûr d'un nomme de cœur. Monsieur, j'aime les gens de votre trempe, et je vois que. si nous ne nous tuons pas l'un ou l'autre, j'aurai plus tard un vrai plaisir dans votre conversation. .Attendons ces messieurs, je vous prie; j'ai tout le temps, et cela sera plus correct. Ah ! en voici un, que je crois.

En effet, au bout de la rue de A'augirard, commençait à apparaître le ^gantesque Porthos.

— Quoi '. s'écria d'.Artagnan . votre premier témoin est M. Porthos?

— Oui. Cela vous contrarie-t-Q'

— Non, aucunement.

— Et voici le second

D'Art:<gnan se tourna du côté indiqué par Athos, et reconnut .Aramis.

— Quoi! s'écria-t-il d'un accent encore plus étonué que la première fois, votre second témoin est .M. .Aramis?

— Sans doute : ne savez-vous pas qu'on ne nous voit jamais l'un sans l'autre, et qu'on nous appelle, dans les mousquetaires et dans les gardes, d la cour et â la ville. .Athos. Porthos et .Aramis, ou les trois inséparables'? .Apres cela, comme vous arrivez de Dax ou de Pau...

— De Tarhes, dit d'.Artagnan.

— 11 vous est pennis d'ignorer ce détail, dit .Athos.

— Ma foi. dit d'.Arbgnan, vous êtes bien nommés, messieurs, et mon aventure, si elle (ait quelque kuit. prouvera du moins que votre union n'est pas fondée sur les contrastes.

Pendant ce temps, Porthos s'était approché, avait salué de la main Athos; puis, se retournant vers dArtagnan, il était resté tout étonné.

Disons en pas.saut qu'il avait changé de baudrier et quitté son manteau.

— .Ah ! ah ! fit-il, qu'est-ce que cela?

— C'est avec mon>ieur que je me bats, dit .Athos en mon trant de la main d'.Artagnan, et en \t> saluant du nn'nie geste

— C'est avec lui que je me bals aussi, dit l'orthos.

— M.iis a une heure seulement, répondit d'.Artagnan.

— Et moi aussi, c'e>t avec monsieur que je me bats, dit Aramis en arrivant à son tour sur le terrain

— .Mais a deux heures seulement, lit d'Artagnan aTec le même calme.

— Mais d propos de quoi vous battex-vous, .Athos? de mand.1 Aramis.

— .M.'i foi, je ne sais ^as trop ; il m'a fait mal i l'epaui* El vous. Porthos'

— Ma foi, je me bats parce que je me bats, répondit Portfios en roiigis';ant.

Atlios, qiii lie perdait rien, vit passer un fin sourire sur les évres dû Gascon.

— Nous avons eu une discu 'ion sur la toilette, dit le jeune homme.

— Et vous, Aramis? demanda Athos.

— Moi , je me bats pour cause de théologie, répondit Aramis, tout en faisant signe à d'Arlagnan qu'il le priait de tenir secrète la cause de son duel.

Athos vit passer un second sourire sur les lèvres de d'Artagnan

— Vraiment? dit Athos.

— Oui, un point de saint Augustin sur lequel nous ne lommes pas d'accord, dit le Gascon.

— Décidément, c'est un homme d'esprit, murmura Athos.

— Et, maintenant que vous (Hes rassemblés, messieurs, dit d'Arlagnan, permettez-moi de vous faire mes excuses.

A ce mot d'excuses, un nuage passa sur le front tl'Athos; ,un sourire hautain glissa sur les lévies de Porthos, cl un signe négatif fut la réponse d'Aramis.

— Vous ne me comprenez pas, messieurs, dit d'Arlagnan en relevant sa tète, sur laquelle jouait en ce moment un rayon de soleil qui en dorait les lignes Cnes et hardies, je vous demande excuse dans le cas où je ne pourrais vous payer ma dette à tous trois, car M. Atlios a le droil de me tuer le premier, ce qui Ole beaucoup de sa valeur à votre créance, monsiem- Porthos, et ce nui rend la vôtre à peu prés nulle, monsieur Aramis. Maintenant, messieurs, je vous le répète, excusez-moi, mais de cela seulement, et en garde !

A ces mots, et du geste le plus cavalier qui se puisse voir, i'Artagnan tira son epée.

Le sang était moulé à la tête de d'Arlagnan, et, dans ce moment, ii eâ! tiré son épée contre tous les mousquetaires du royaume conmie il venait de le faire contre Athos, Porthos et Aramis.

Il était midi et un quart. Le soleil était à son zénith, et l'emplacement choisi pour être le théâtre du duel se Irou- »ait exposé à toute son ardeur.

— Il fait trés-chaud, dit Athos en tirant son épée à son tour, et cepend?' t je nt saurais ôler mon pourpoint, car, tout à l'heure encore, j'ai senti que ma blessure saignait, et je craindrais de gêner monsieur en lui faisant voir du sang qu'il ne m'aurait pas tiré lui-même.

— C'est \Tai, monsieur, dit d'Arlagnan, et, tiré par un autre ou tiré par moi, je vous assure que je verrai toujours «vec bien du regret le sang d'un aussi brave gentilhomme; je me battrai doue eu pourpoint comme vous.

— Voyons, voyons, dit Porthos. assez de compliments comme cela, et songez que nous attendons noire tour.

— Parlez pour vous seul, Porthos, quand vous aurez à dire de pareilles incongruités, interrompit Aramis. Quant à moi, je trouve les choses que ces messieurs se disent fort bien dites et tout à fait dignes de deux gentilshommes.

— Quand vous voudrei, monsieur, ait Athos en se mettant en garde.

— J'attendais vos ordres, dit d'Arlagnan en croisant le fer.

Mais les deux rapières avaient à peine résonné en se touchant, qu'une escouade des gardes de Son Eminence, commandée par M. de Jussac, se montra à l'angle du couvent.

— Leseard^'s du cardinal! s'écrièrent à la fois Porthos et Aramis. L ép. e au fourreau, messieurs, l'épée au fourreau I

Mais il était trop tard ; les deux combattants avaient été vus dans une pose qui ne permettait pas de douter de leurs intentions.

— Holà ! cria Jussac en s'avançant vers eux et en faisant signe à ses hommes d'en faire autant, holà 1 mousquetaires, on se bal donc ici? El les édits, qu en faisons-nous?

— Vous êtes bien généreux, messieurs les gardes, dit Athos, plein de rancune, car Jussac était l'un des agresseurs àe, l'avant-veille. Si nous vous voyions battre, je vous réponds, moi, que nous nous garderions bien de vous en empêcher. Laissez-nous donc faire, et vous allez avoir du plaiiir «ans prendre aucune peine.

- Messieurs, dit Jussac, c'es» »vec grand regret que je

vous déclare que la chose est impossible. Notre devoir avanl tout. Rengainez donc, s'il vous plaît, et nous suivez.

— Monsieur, dit Aramis parodiant Jussac, ce serait avec grand plaisir que nous obéirions à votre gracieuse invitation, SI cela dépendait de nous; mais, mallieureusement, la chose est impossible : M. de Tréville nous l'a défendue. Passez donc votre chemin, c'est ce que vous avez de mieui à faire.

Cette raillerie exaspéra Jussac.

— Nous vous charijerons donc, dit-il. si vous désobéissez

— Ils sont cinq, dit Athos à demi-voix, et nous ne sommes que trois, nous serons encore battus, et il nous faudra mourir ici, car, je le déclare, je ne. reparais jras vaincu devant le capitaine.

Athos, Porthos et Aramis se rapprochèrent à l'instant les uns des autres, tandis que Jussac alignait ses soldats.

Ce seul moment suffit à d'Arlagnan pour prendre son parti. C'était là un de ces événements qui décident de la vie d'un homme; c'était un choix à faire entre le roi et le cardinal, et, ce choix fait, il fallait y persévérer. Se battre, c'est-à-dire désobéir à la loi, c'esl-à-diro risquer sa tête, c'est-à-dire se faire d'un seul coup l'ennemi d'un ministre pins puissant que le roi lui-même, voiià ce qu'entrevit le jeune homme, et, disons-le à sa louange, il n'hésita point une seconde. Se tournant donc vers Athos et ses amis :

— Messieurs, dit-il, je reprendrai, s'il vous plaît, quelque chose à vos paroles. Vous avez dit que vous n'étiez que trois; mais il me semble, à moi, que nous sommes quatre.

— Mais vous n'êtes pas des nôtres, dît Porthos.

— C'est vrai, répondit d'Arlagnan, je v. li pas l'habit, mais j'ai l'àme. Mon cœur est mousquctriire. je Ifl sens bien, monsieur, et cela m'entraîne.

— Ecartez-vous, jeune homme, cria Jussac, i|ui sans doute, à ses gestes et à l'expression de son visage, avait devii.é le dessein de d'Arlagnan. Vous pouvez vous retirer, noug '■ consentons. Sauvez votre peau ; allez vile.

D'Arlagnan ne bougea point.

— Décidément, vous êtes un joli garçon, dit Atho^ serrant la main du jeune homme.

— Allons, allons, prenons un parti, repril Jussac.

— Voyons, dirent Porthos et Aramis, faisons quelque chose.

— Monsieur est plein de générosité, dil Athos.

Mais tous trois pensaient à la jeunesse de d'Arlagnan et redoutaient son inexpérience.

— Nous ne serions que trois, dont un blessé, plus un enfant, repril Athos, et l'on n'en dira pas moins que nous étions quatre hommes.

— Oui, mais reculer! dit Porthos

— C'est difficile, reprit Athos.

— C'est impossible, dit Aramis.

D'Arlagnan comprit leur irrésùlution.

— Messieurs, essayez-moi toujours, dit-il, et je vous jure sur l'honneur que je neveux pas m'en aller d'ici si nous sommes vaincus.

— Comment vous appelle-t-on, mon brave ? dit Athos.

— D'Arlagnan, monsieur.

— Eh bien! Athos, Porthos, Aramis et d'Arlagnan. en avanl! cria Athos.

— Eh bien ! voyons, messieurs, vous décidez-vous à vous décider? cria pour la troisième Jussac.

— C'est fait, monsieur, dil Athos.

— Et quel parti prenez- vous? demanda Jussac.

— Nous allons avoir l'honneur de vous charger, rcpon dit Aramis en levant son chapeau d'une main et en tirant son épée de l'autre.

— Ah ! vous résistez, s'écria Jussac. "

— Saugdieu ! cela vous étonne? dit Porthos.

Et les neuf combattants se précipitèrent les uns sur les autres avec une furie qui n'excluait pas une certaine méthode.

Athos prit un certain Cahusac, favori du cardinal ; Porthos eut un nommé Biscarat, et Aramis se vit en face de deux adversaires.

Quant à d'Arlagnan, il se trouva lancé contre Jussac luimême.

Le cœur du jeune Gascon battait à lui briser la noitnne, non pas de peur. Dieu merci! il n'en avait pas l'ombre, mais d'émulation ; il se battait comme un lijrre en fureur.

tourni^cl dix fois autour de son adversaire, chaDgeant vingt fois ses gardes et son terrain. Jussac était, comme on le disait alors, friand de la lame, et avait fort pratiqué; cependant il 3vaii toutes les peines du monde à se défendre contre un adversaire qui, agile et bondissant, s'écartait à tout moment des régies reçues, attaquant de tous côtés à la fois, et cela tout enparanl* en homme qui a le plus grand respect pour son épiderme.

Enfin cette lutte finit par faire perdre patience à Jassac. Furieux d'être tenu en écnecpar celui qu'il regardait comme un enfant, il s'échauffa et commença à faire des fautes. D'Artagnan, qui, à défaut de la pratique, avait une profonde théorie, redoubla d'agililé. Jussac, voulant en finir, porta un coup terrible à son adversaire en se fendant à fond; mais celui-ci para prime, et, tandis que Jussac se relevait, glissant tel qu'un serpent sous son fer, il lui passa son épée au travers du corps. Jussac tomba comme une masse.

D'Artagnan jeta alors un coup d'œil inquiet et rapide sur le champ de bataille.

Aramis avait déjà tué un ses adversaires, mais l'autre le pressait vivement. Cependant Aramis Aait en bonne situation et pouvait encore se défendre.

Biscarat et Porthos venaient de faire coups fourrés. Porthos avait reçu un coup d'épée au travers du bras, et Biscarat au travers de la cuisse. Mais, comme ni l'une ni l'autre des deux blessures n'était grave, ils ne s'en escrimaient qu'avec plus d'acharnement.

Athos, blessé de nouveau par Cahusac, pâlissait à vue d'œil, mais il ne reculait pas d'une semelle; il avait changé seulement son épée de main et se battait de la main gauche.

D'Artagnan, suivant les lois du duel de cette époque, pouvait secourir quelqu'un ; pendant qu'il cherchait du regard celui de ses compagnons qui avait besoin de son aide, irsurprit un coup d'œil d'Athos. Ce coup d'œil était d'une éloquence sublime. Atlios serait mort plutôt que d'appeler au secours ; mais il pouvait regarder, et d'un regard demander an appui. D'Artagnan le devina, fit un bond terrible et tomba sur le flanc de Cahusac en criant :

— A moi, monsieur le garde, ou je vous tue. Cahussac se retourna; il était temps. Athos, que son extrême courage soutenait seul, tomba sur un genou.

— Sangdieu ! cria-t-il à d'Artagnan, ne lé tuez pas, je TOUS en prie; j'ai une vieille affaire à terminer avec lui, (^uand je serai guéri et bien portant. Désarmez-le seulement, liez-lui l'épée". C'est cela. Bien! très-bien!

Cette exclamation était arrachée à Athos par l'épée de Cahusac, qui sautait à vingt pas de lui. D'Artagnan et Cahusac s'élancèrent ensemble, l'un pour la saisir, l'autre jiour s'en emparer; mais d'Arlagnan, plus leste, arriva le premier et mit le pied dessus.

Cahusac courut à celui des gardes qu'avait tué Aramis, s'empara de sa rapière et voulut revenir à d'Artagnan ; mais sur son chemin il rencoiilra Athos, qui, pendant cette pause d'un instant que lui avait procurée d'Artagnan, avait repris haleine, et qui, de crainte que d'Artagnan ne lui tuât son ennemi, voulait recommencer le combat.

D'Artagnan comiirit que ce serait désobliger Athos que de ne pas le laisser faire. En effet, quelques secondes après, Cahusac tomba la gorge traversée d'un coup d'épée.

Au même instant, Aramis appuyait la pointe de la sienne contre la poitrine de son adversaire renversé, et le forçait à demander merci.

Restaient Porthos et Biscarat. Porthos faisait en se battant mille fanfaronnades, demandant à Biscarat quelle heure il pouvait bien élre, et lui faisant ses compliments sur la compagnie que venait d'obtenir son frère aans le régiment de Navarre; mais, tout en raillant, il ne gagnait rien. Biscarat éUil un de ces hommes de fer qui ne tombent que morts.

(^pendant il fall.iit finir. Le guet pouvait arriver et prendre tous les combaiiants, blesses ou non, royalistes ou cardinalistes. Athos, Aramis et d'Artagnan entourèrent Biscarat «t le sommèrent de se rendre. Quoique seul contre tous, et <vec un coup d'épée qui lui traversait la cuisse, Biscarat voulait tenir; mais Jussac, qui s'était relevé sur son coude, lui cria de se rendre. Biscarat était un (iascon comme d'Arta-

Snan ; il fit la sourde oreille et se contenta de rire, et entre eux parades, trouvant le temps de désigner, du bout de son ipée, une place à terre :

— Ici, dit-il, parodiant un verset de la Bible, ici mourr» Biscarat, seul de ceux qui sont avec lui.

— Mais ils sont quatre, quatre contre toi; finis-en, je te l'ordonne.

— .\h ! si tu l'ordonnes, c'est autre chose, dit Biscarat, comme tu es mon brigadier, je dois obéir.

El, faisant un bond en arriére, il cassa son épée sur ton genou pour ne pas la rendre, en jeta les morceaux par-dessus le mur du couvent, et se croisa les bras en sifQant un air cardinaliste.

La bravoure est toujours respectée, même dans un ennemi. Les mousquetaires saluèrent Biscarat de leurs épées et les remirent au fourreau. D'Artagnan en fit autant; puis, aidé de Biscarat, le seul qui fi'it resté debout, il porta sous le porche du couvent Jussac, Cahusac et celui des adversaires d'Aramis qui n'était que blessé. Le quatrième, comme nous l'avons dit, était mort. Puis ils sonnèrent la cloche, et. emportant quatre épées sur cinq, ...; s'acheminèrent ivres de joie vers l'hôtel de M. de Trévillc

On les voyait entrelacés, tenant ton e la largeur de la rue, et accostant chaque mousquetaire qu'ils rencontraient, si bien qu'à la fin ce fut une marche triomphale. Le cœur de d'Artagnan nageait dans l'ivresse , il marchait entre Athos et Porthos, en les élreignant tendrement.

— Si je ne suis pas encore mousquetaire, dit-il à ses nouveaux amis en franchissant la porte de l'hôtel de M. de TréviUe, au moins me voilà reçu apprenti, n'est-ce pas''

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