SCÈNE I
CAMPANI, GENS DE l’iiûtel, aides de l'office, VALETS DE L'ANTICHAMBRE.
TOUS
Non , non , non , cent fois non , nous n’irons
pas.
mtpnE.
Si la mule a besoin de médicamens, qu'il aille les chercher liii-mdmc.
PIEnttE.
Et s'il veut'tllner aujourd'hui, qu'il vienne s’attabler à l’oflice avec nous.
Il paraît qne le goût tics émeutes vous gagne ; et parce que le populaire crie au Louvre : à bas le cardinal ! vous venez me crier aux oreilles : h bas les trois muletiers!
TOUS
Oui, oui, à bas les muletiers.
CAMPANI
Je vous répète encore, faquins que vous êtes que vous me servirez , moi , mes frères et nos mules , parce que la duchesse de Chevrcuse l’a entendu ainsi.
LF. VALET.
Nous ne sommes pas des valets de muletiers !..
CAMPANI
Nous étions muletiers, comme vous dites, lorsque M“' la Surintendante nous a fait venir de la Navarre espagnole ; mais nos mules étaient notre propriété , et nos heures nous appartenaient Nous n'étions aux gages de persounc . •
‘et c'est de même en cet hfltel. En attendant les cmploisqui nous soûl promis, nousavons pris la direction des écuries de votre dame et nuit rosse par reconnaissance, par dévouement , ponr le plaisir de le faire, sans condition servile; et nous avons voulu garder nos babils d'hommes libes, parce qu'il n’y a qne les valeLs qui portent la livrée et ; que nous ne sommes pas des valets.
LE VALET
Ces trois Messieurs sont des gentilshommes!
Pourquoi pas, si nous descendons de ces Espagnols qui ont conquis leur territoire sur les Maures d’Afrique à la pointe de l’épée?., mais nobles ou vilains peu importe, mes frères et moi nous ne voulons pas manger à rogice. Noire écurie est notre Louvre et nous ue vivrons pas ailleurs.
l’aide d’office.
Eli bien, vous y jeûnerez tout à votre aise, rocs.
Oui, oui.
CAMPANT
Jusqu’à ce qu’on vous rliasse comme des insolens que vous êtes.
LE VALET
Si pareille chose aiTivail, tu pourrais rrier malheur à tes eûtes.
TOUS
Oh oui, malheur.
CAMPANI, s'animant.
Ah ça, mes braves, est-ec que vous seriez ce