‹ Les trois quartiers, comedie en trois actes et en proseChapitre 15 sur 97 · GUSTAVE, MADAME BERTRAND, GEORGETTE · texte numérisé non relu

GUSTAVE, MADAME BERTRAND, GEORGETTE

MADAME BERTRAND

Un moment, s’il vous plaît, monsieur Gustave; j’ai à vous parler ! et vous, mademoiselle, allez tenir ma place au comptoir. Va, cela ne durera pas long-temps! après ton mariage, tu seras une grande dame ! tandis que ta pauvre mère... Ah! qu’il me tarde que M. Bertrand ait fini sa fortune! Une fois retiré, il pourrait encore gagner de l’argent en négociant sur le papier. Mais qu’est-ce qye tu as donc, mon enfant? Toi qui étais si vive, si gaie... Tu es d’un triste...

GEORGETTE , regerdant Gustave.

C’est que je réfléchis !

MADAME BERTRAND

Tu auras le temps de réfléchir quand tu seras mariée ! dépêche-toi de préparer la liste des invitations pour

la noce Gustave nous fera le plaisir d’écrire les

lettres...

GUSTAVE

Moi, madame?

\CTE ï, SCÈNE IV.

MADAME BERTRAND

Sans doute; vous avez une si belle main ! Et n’oublie pas d’inviter ton ancienne amie de pension, mademoiselle Martigny, avec qui tu as renoué connaissance l’autre jour.

GEORGETTE

Cette bonne Jenny ! J’avais promis d’aller la voir.

MADAME RERTRAND.

Tu iras, mon enfant, tu iras, et le plus tôt possible... La sœur d’un banquier et la fille d’un négociant, la différence n’est pas si grande. D’ailleurs mademoiselle Jenny est très bien. Je la regardais lorsqu’elle est venue faire des emplettes au magasin ; elle a l’air très

comme il faut Elle n’a rien marchandé Par

exemple, nous n’aurons pas besoin d’écrire a ton autre camarade, la comtesse de Montfort.

GEORGETTE

Il y a si long-temps que je ne l’ai revue !

GUST AVE , occupe k feuilleter les registres.

Sa tante, la marquise d’Olmare, est venue hier; elle a choisi dix aunes de gros de Naples que je dois lui porter demain.

MADAME BERTRAND

C’est fier, ces dames du faubourg Saint-Germain 1

Ça achète, mais ça ne cause pas. Allons, descends, raa fille, descends.

GEORGETTE, en s’en allant.

Oui, ma mère. Ce pauvre M. Gustave, qui va être forcé de faire les billets d’invitation. (EiiedMc.nd.)

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