‹ Les trois quartiers, comedie en trois actes et en proseChapitre 37 sur 97 · MA RT ION Y · texte numérisé non relu

MA RT ION Y

Ah! mon Cher vicomte! moi aussi je sers l’état... par mon industrie ; mais on me croit suffisamment récompensé par l’argent que je gagne ; parce que je fais fortune , on me dédaigne!... Il faut avoir un nom historique pour être appelé aux grandes places!.... Il est vrai que nous avons des financiers qui sont si fiers de leur crédit, de leurs richesses; qui se regardent comme les premiers hommes de l’état , et croient que tout doit céder à l’influence de leurs portefeuilles! Parce qu'ils font des emprunts , on leur donne des titres ! ils écrasent de leur vanité tout ce qui les entoure; c’est presque une nouvelle féodalité !

DELBOIS, riant.

Prenons garde , mon cher; c’est moi qui accuse la noblesse.... et c’est vous qui accuser, la finance!

MARTIGNY

C’est vrai; nous n’avons pas d’esprit de corps.

DELBOIS.

On dirait que je suis piqué d’être sans fortune!

MART1GNY.

Et que je le suis d'être sans naissance.

DELBOIS.

Ah! mon chpr ami! ces riches et ces nobles qui sc heurtent et se choquent sans cesse....

MARtIGNY;

Oui; je sens, èn vous serrant la main, qu’il existe des liens qui devraient les rapprocher!... la raison!... ^

L’intérêt public....

' MARTIGNY

L’amitié!... quelquefois.... l’amouj*! (a pwt.), l’ai bien envie de lui parler de la comtesse.

DELBOIS.

L’araour ! (a part.) si j’osais lui parler de sa sœur ! je ne sais ce qui me retient. (H«oi.) Oui , l’amitié! Croiriez-vous pourtant que j’hésite à vous parler d’une affèiirë. ... •

MARTIÇRY.

Pourquoi ?

DELBOIS.

C’est que c’est une affaire d’argent;... et l'on est toujours embarrassé....

Page 1