‹ Les trois quartiers, comedie en trois actes et en proseChapitre 86 sur 97 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

DELBOIS, LA COMTESSE.

LA COMTESSE

Bonjour, Alfred ! Eh bien, M. Martigny sort au moment où je parais ?

Vous me voyez tout confondu des discours étranges qu’il vient de me tenir !

LA COMTESSE

Contre moi, sans doute?

DELHOIS.

Contre tous , tant que nous sommes de nobles , de gentilshommes !....

LA COMTESSE

C’est un fou gonflé de vanité; et la vanité le conduit à l’envie !

DELBOIS.

Qu’a-t-il donc tant à nous envier?

LA COMTESSE

Laissons M. Martigny, mon cher cousin , et parlons de vous. D’abord , ma tante va venir vous prendre :

elle se flatle d’arranger votre affaire aujourd’hui

même.

DELBOIS.

Ah ! ma chère Amélie ! j’y songe à peine, à cette affaire! Vous, ma cousine, vous, ma tendre amie, toujours si bonne pour moi , vous connaissez tous mes secrets et toutes mes espérances...

LA COMTESSE

Eh bien?

DELBOIS.

Eh bien, je suis le plus malheureux des hommes !... il vient de me la refuser...; et d’une manière —

LA COMTESSE

Il a perdu la tète!.... On ne pourra plus vivre avec

cet homme là!.... Mais il n’est que son tuteur et

nous trouverons le moyen.... Oui, puisqu’il est si fier, < je veux qu’il enrage en voyant sa sœur vicomtesse!...

Allons , mon cher Alfred , ne vous désespérez pas

vous serez heureux ! tandis que moi Mais ne son-

geons point à moi!... Laissez-vous guider aujourd’hui par ma tante , et comptez toujours sur votre cousine, sur l’amie de Jenny! ...

Page 1