ACTE III, SCÈNE XI
LA COMTESSE
Mais, viens donc....
JESNY.
C’est que je ne suis pas seule! je t’amène une autre camarade de pension.
LA COMTESSE
Qui donc'! 1 Adèle? Honorine? ah! c’est Georgette!..
GEORGETTE
Quoi! madame la comtesse, vous m’avez reconnue ?
LA COMTESSE
Tu le vois bien!... Il y*e long-temps!.. Tu étais plus jeune qu^ moi! .. Comme c’est cruel! on forme des amitiés bien chères dans la pension, et puis dans le monde on est séparé , on ne se voit plus; mais on s’aime toujours! n’est-ce pas Jenny? n’est-ce pas Georgette?
GEORGETTE
Quoi ! ma chère Amélie ! Madame, veux-je dire...
Tu ne veux donc pas me tutoyer?
GEORGETTE
Je n’osais pas! parce qu’une comtesse...
LA COMTESSE
Toujours Amélie pour toi! Entre camarades de pension, jamais de distinction de rang, de fortune, d'opi-
nion!... Ah si les hommes voulaient ne pas oublier l«f college! ...
JENNY
Boune Amélie ! tu ne sais pas ? nous venons te rendre un grand service.
GEORGETTE
T’empècher de te marier!
LA COMTESSE
Tu appelles cela tin service!*
GEORGETTE
De te marier... avec M. Desrosiers!
M. Desrosiers! et comment savez-vous?
JENNY
Il faut te dire d’abord, quelle va épouser M. Gustave, le premier commis de son père.
GEORGETTE
Un jeune homme charmant! qui m’aime beaucoup!
JENNY
Et quelle aime aussi!
GEORGETTE
Ce matin , Gustave est venu ici apporter des étoffes chez, ta tante;. il est très fin, Gustave, il a de l’esprit; et comme il parait que la marquise d’Qlmare est un