SCÈNE VI
Les précédeks, LE COLONEL ABSOLU, MADAME JNÉOLOG.
MADAME NÉOLOG.
Là, colonel i sur le canapé, vous voyez la petite folle qui veut prodiguer sa fortune à un fat qui n'a pas un schelling de revenu.
LYDIE
Madame, j'avais pensé
MADA]\IE NÉOLOG.
Vous avez pensé, miss! Je ne sache pas du tout qu'il y ait quelque chose à quoi vous puissiez penser. Penser ne convient pas aux jeunes femmes. Mais , au point qui nous amène! Piomellez-vous d'oublier ce fat , de le radier , JîîS-je , de votre souvenir ?
,o LES TROIS RIVAUX.
LYDIE
Ah ! Madame , il n'est pas si facile d'oublier ! MADAME NÉOLOG.
Je vous dis que si , Miss ; rien n'est si facile quand on veut l'essayer : moi, par exemple, n'ai-je pas ou- LHé volrc pauvre cher oncle, comme s'il n'avait jamais existé?
LE COLONEL avec ironie.
E!le est trop soumise pour se rappeler ce qu'on lui délend.... Cela vient, Madame, des livres qu'elle lit.
Quel crime ai-je donc commis , Madame, pour me traiter ainsi ?
MADAME NÉOLOG.
Ne tentez pas de vous justifier sur les antécxdens , Miss. Ferez-vous , enfin, ce qu'on vous ordonne? Voulez-vous un époux du choix de vos parens?
LYDIE
Je répondrai , Madame , avec franchise. Quand mcmc je n'aurais pas de préférence dans le cœur, votre choix serait l'objet de mon aversion.
MADAME NÉOLOG.
Eh ! s'agit-il , ici, de préférence et d'aversion ? Ne savez-vous pas que, comme l'un de ces deux sentinieiis finit toujours dans le mariage, le plus sûr est de commencer par un peu d'aversion. Je haïssais, j'en suis sûre , votre cher oncle, avant l'hymen , autf;nt ques'il cûtété un Maure ou un Iroquois. Et cependant. Miss, vous savez quelle femme j'ai été! Enfin, quand ii plut au ciel de roinjjre sa douce chaîne , qui put savoir les pleurs que j'ai versés 1 Mais si le colonel Absolu vous ollVe un mari , promettez-vous de cenoncer » ce Béverle) ?