‹ Les trois rivaux, ou, La fille romanesqueChapitre 30 sur 85 · ACTE II, SCÈNE V. un · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V. un

LE COLONEL

Morbleu! votre femme serait aussi laide qu'il me plairait de la choisir, elle aurait un œil éraillé, une éminence sur le dos, la peau d'une Africaine et la barbe d'un Juif, je prétends que vous la lorgniez tout le jour, et que la nuit....

LE CAPITAmE.

Voilà de la raison, mon père, du sang-froid !

LE COLONEL

Point de ricanement.

LE CAPITAINE

Je ne fus jamais dans une disposition moins heu reuse pour être enjoué.

LE COLONEL

C'est faux, Monsieur; je sais que vous riez sous cape, et que vous ferez claquer vos dents quand je serai sorti.

LE CAPITAINE

Monsieur, je sais mieux mon devoir.

LE COLONEL

Pas de vos emportemens, s'il vous plaît.

LE CAPITAINE

Monsieur, je n'ai jamais été si calme.

LE COLONEL

Je sais que vous êtes en colère au fond du cœur , hypocrite !

LE CAPITAINE

Monsieur....

LE COLONEL

C est donc ainsi que vous vous emportez! Ne

pouvez-vous être froid, comme je le suis? Là, vous ricanez encore ? Tu comptes pcut-êlre sur ma dou ceur, Jack; mans prends garde ; la patience d'un

3o LES TROIS RIVAUX.

ange n'y tiendrait pas, à la fin. Remarque bien ceci : je te donne six heures pour réfléchir sur ce mariajre. oi tu consens, et sans restriction, je peux un jour te pardonner.... sinon, je casse ta commissian de capitaine, je te colloque, à six j^uinées par mois, sous la main d'un procureur qui retiendra les intérêts; je te désavoue, te déshérite; et que les élémens me confondent si je t'appelle encore mon fils !

( //* sortent tous les deux, du côté opposé. )

Page 1