ACTE II, SCÈNE VI. 3r
soudaine a plus de pouvoir sur un cœur que les lenles combinaisons d'intérêts de famille. Telle fut ta commotion que j'éprouvai près du chevalier P « Des
points ! Charmante réserve 1 » la première fois que l'amour vint l'offrira ma vue. « Très-joli ! » La pudeur
sexuelle arrête ma plume Il faut pourtant que
j'ajoute que j'aurai une joie infaillible de retrouver mon chevalier digne du Sensorium de sa tendre Délia. » Sur mon honneur, Lucy, miss est un grand maître en fait de langage !
Oh ! dame ! quand on a son expérience
LE CHEVALIER
Quoi ! à dix-sept ans ?
LUCY
C'est vrai.... Mais elle si savante! Oh! comme elle lit sans ânonner !
LE CHEVALIER, avec ironie.
11 faut qu'une dame soit profonde pour écrire de ce
style.
LUCY
Ah ! si vous l'entendiez quand elle parle de vous !
LE CHEVALIER
Dites-lui que je serai le meilleur mari, et que je la fais baronnette par-dessus le marché. Mais il faut que j'obtienne le consentement de la vieille.
LUCY
Je pensais que vous n'étiez pas assez riche pour être si délicat,
LE CHEVALIER
C'est deviner à merveille; je suis si pauvre que je ne peux pas me résoudre à faire une mauvaise action. Fortuné, j'aurais^ sans remords, escamoté votre maîtresse et sa dot. Cependant, ma jolie petite, voilà une bagatelle pour vous acheter un ruban. Revenez ce soir,
Si LES TROIS RIVAUX.
vous aurez réponse à ce message. Sur quoi , friponne , reçois ce baiser pour t'en souvenir.
LUCY
Fi , chevalier ! ma maîtresse ne vous aimera pas si vous êtes impertinent.
LE CHEVALIER
Elle m'aimerait, Lucy; la modestie est une qualité dans l'amant plus louée que chérie des femmes. Or, dans le cas où ta maîtresse demanderait si le chevalier te prit jamais un baiser, dis-lui cinquante , ma chère.
LUCY
Comment 1 voulez-vous que je lui dise un mensonge?
LE CHEVALIER
Eh ! bien donc, friponne , que ce soit une vérité.
LUCY
Ah! fi ! — On vous voit. [Il regarde Fag, et sort en fredonnant. )