‹ Les trois rivaux, ou, La fille romanesqueChapitre 51 sur 85 · DESACRES, LE CHEVALIER PISTOL · texte numérisé non relu

DESACRES, LE CHEVALIER PISTOL

LE CHEVALIER

Monsieur Desacres, que je vous embrasse î

DES ACRES

Mon cher chevalier !

LE CHEVALIER

Mon très-cher, qu'est-ce qui vous amène à Bath ?

L'amour — et un désir de vengeance m'y relient.

LE CHEVALIER

Contez-moi cela.

DESACRES.

Je tombe amoureux d'une jeune personne; j'ai l'aveu de la famille, je la suis h Bath, et je la préviens de mon arrivée. On me répond qu'on a disposé de la demoiselle. C'est ce que j'appelle, chevalier, un mauvais procédé.

LE CHEVALIER

Très- mauvais, sur ma parole! Eh, devinez- vous la cause?

DES ACRES

La cause? — Elle a un autre amant, un Béveriey qui est à Bath, à ce qu'on m'a dit.

LE CHEVALIER

Il y a un rival !... Et vous croyez qu'il vous a supplanté malhonnêtement?

DESACRES.

Malhonnêtement? Sans aucun doute. M'aurait -il supplanté s'il eût été honnête?

LE CHEVALIER

Dans ce cas, vous savez ce qui vous reste à faire.

DESACRES.

Moi ! non, sur ma parole !

LE CHEVALIER , ponant la main à son cpée.

Vous m'entendez.

DESACRES.

Quoi, me battre avec lui ?

LE CHEVALIER

Certainement. Pouvais-je entendre autre chose?

DESACRES.

Mais, je n'ai pas reçu de provocation.

LE CHEVALIER

Il VOUS a fait la plus grande qu'on puisse imaginer. Y a-t-il une plus détestable ofiense que d'aiiner la même personne? Par l'honneur ! c'est la brèche à l'amitié la moins pardonnable.

DESACRES.

Brèche à l'amitié 1 Mais je ne connais pas l'homme.

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