DESACRES, LE CHEVALIER PISTOL
LE CHEVALIER
Monsieur Desacres, que je vous embrasse î
DES ACRES
Mon cher chevalier !
LE CHEVALIER
Mon très-cher, qu'est-ce qui vous amène à Bath ?
L'amour — et un désir de vengeance m'y relient.
LE CHEVALIER
Contez-moi cela.
DESACRES.
Je tombe amoureux d'une jeune personne; j'ai l'aveu de la famille, je la suis h Bath, et je la préviens de mon arrivée. On me répond qu'on a disposé de la demoiselle. C'est ce que j'appelle, chevalier, un mauvais procédé.
LE CHEVALIER
Très- mauvais, sur ma parole! Eh, devinez- vous la cause?
DES ACRES
La cause? — Elle a un autre amant, un Béveriey qui est à Bath, à ce qu'on m'a dit.
LE CHEVALIER
Il y a un rival !... Et vous croyez qu'il vous a supplanté malhonnêtement?
DESACRES.
Malhonnêtement? Sans aucun doute. M'aurait -il supplanté s'il eût été honnête?
LE CHEVALIER
Dans ce cas, vous savez ce qui vous reste à faire.
DESACRES.
Moi ! non, sur ma parole !
LE CHEVALIER , ponant la main à son cpée.
Vous m'entendez.
DESACRES.
Quoi, me battre avec lui ?
LE CHEVALIER
Certainement. Pouvais-je entendre autre chose?
DESACRES.
Mais, je n'ai pas reçu de provocation.
LE CHEVALIER
Il VOUS a fait la plus grande qu'on puisse imaginer. Y a-t-il une plus détestable ofiense que d'aiiner la même personne? Par l'honneur ! c'est la brèche à l'amitié la moins pardonnable.
DESACRES.
Brèche à l'amitié 1 Mais je ne connais pas l'homme.