‹ Les trois rivaux, ou, La fille romanesqueChapitre 63 sur 85 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

cœur j'abandonne le reste. {Apart. ) Voyons ce qu'un peu de caractère produira.

LYDIE, quittant son fauleuil.

Vous avez trompé ma candeur : tout cet amour ne fut que l'intérêt déguisé... Le roman était assez gai; vous avez dû rire de vos succès.

Lydie, c'est m'ofFenser. Ecoutez-moi.

LYDIE

Quand l'amour me persuadait que nous trompions mes parens, quand je touchais au fortuné moment de leur échapper, de les enflammer de colère... Je vois mes espérances trompées par l'aveu, l'approbation de ma tante! Je suis donc la seule dupe, au bout du compte! {Elle marche dans une grande agitation.')

Mais, Monsieur, voilà le portrait le portrait de Bé-

verley. {Elle le- tire de son sein.) Je l'avais là , le jour, la nuit, en dépit des prières et des menaces. Tenez, Monsieur, ( elle le jette. ) et soyez sûr que je retire l'original aussi facilement de mon cœur.

LE CAPITAINE, tirant un portrait.

Voilà Lydie. Quelle différence ! Je vois là son céleste sourire , les lèvres qui scellèrent le plus doux serment, cette rougeur dont l'innocence, mêlée d'un peu de courroux , arrêta trop d'amour emporté par la reconnaissance. Tout est fini. La copie n'est pas égale à vous, Madame; mais sa supériorité sur l'original est telle dans mon esprit , que je ne peux trouver dans mon cœur de raison pour m'en séparer.

LYDIE, d'une voix adoucie.

C'est votre ouvrage , Monsieur; n'êtes-vous pas satisfait ?

LE CAPITAINE

Sans doute ! Qu'est-ce que de rompre mille ser-

mens?... On dira que Miss ne savait trop ce qu'elle

voulait , ou que le futur époux, peu épris de ses

charmes

LYDIE

Il n'y a pas moyen de souffrir celte insolence. {Elle pleure.)

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