ACTE V, SCÈNE VII
LE CAPITAINE
Prenez garde , Béverley vous entend !
LE CHEVALIER, à Fakland qu'il prend pour Béverley.
Monsieur Béverley, choisissez vos armes. Le capitaine et moi nous mesurerons le terrain.
FAKLAND.
Mes armes, Monsieur?
DESACRES.
Chevalier, je ne vais pas me battre avec Fakland i Ces deux messieurs sont mes meilleurs amis.
LE CHEVALIER
Gomment, Monsieur! ne venez -vous pas pour
M. Desacres?
FAKLAND.
Non, Monsieur, je vous jure.
LE CHEVALIER
Que c'est provoquant! Mais comme vous êtes mandés trois pour un duel, j'espère. Monsieur, que vous n'allez pas faire manquer la partie ?
Oh, je vous en prie, Fakland, battez-vous pour obliger le chevalier.
FAKLAND.
Mais si M. Desacres le veut absolument...
DESACRES.
Non, non, monsieur Fakland; je me résigne. Voyez, chevalier, il n'y a pas de raison...
LE CHEVALIER
Écoutez , monsieur Desacres, je n'aime pas qu'on m'amuse. Vous avez délié quelqu'un, vous êtes venu ici pour vous battre. Puisque Monsieur le représente...
DESACRES.
C'est à un Béverley que j'ai envoyé mon cartel , 5 un fat qui n'ose pas se montrer. S'il était là...
LE CAPITAINE
Attendez; je vais vous mettre d'accord. Il n'y a point de Béverley; celui qui prit ce nom est devant vous. Et comme ses prétentions sont les mêmes, il les soutiendra les armes h la main.
LE CHEVALIER
Que c'est heureux! Pour le coup, voilà une occasion
DESACRES.
Comment, une querelle avec mon cher ami le capitaine 1 non , quand il serait cinquante Béverley! Morbleu ! chevalier , vous ne voulez pas que je sois si dénaturé.
LE CHEVALIER
Tout ce courage vous a donc quitté ?
DES ACRES
Non , non. Je serai votre second si vous voulez, et dans le cas où vous feriez chanter un requiem, je vous promets un lit commode à l'Abbaye, ou si vous aimez mieux qu'on vous sale.
LE CHEVALIER
Bah , bah , vous n'êtes guère mieux qu'un couard.
DESACRES.
Remarquez bien, Messieurs , qu'il m'appelle un couard. C'est le nom.
LE CHEVALIER
Eh bien 1
DESACRES.
Ce n'est pas, chevalier, que je m'arrête à un mol. Couard peut se dire en plaisantant; mais si vous m'eussiez nommé poltron...