Fauriel, Hist. de la poësie provençale, III
s8 J- ANGLADE
était déjà célèbre à l’époque où Raimbaut d'Orange commença d'écrire.
Ce sont là des hypothèses ingénieuses, qui ne sont entachées d’aucune invraisemblance, mais qui restent des hypothèses. Je ne crois pas, pour ma part, que les poésies en trobar clus de Raimbaut d'Orange soient de sa jeunesse : c’est une conception trop moderne.
Des allusions assez nombreuses aux légendes arthuriennes se trouvent dans un passage du Trésor de Peire de Corbiac. Peire connaît les « histoires anglaises », et il sait comment « Bruto, le Troyen », vint en Bretagne.
De Merlin le salvatge com dis oscuramentz De totz los reis engles lo profeciaments,
De la mort Artus sai per que n’es doptamentz, De Galvan so nebot lôs aventuramentz,
De Tristan e d’Ysolt los aventuramentz,
E del clerc lausenger per qual lausengamentz De leis e del rei March parti’l maridamentz, De Guillielm Perdut com fo terra tementz, Del bo rei Aroet com fo larcx e metentz.
(Thezaur, éd. Bertoni-Jeanroy, . . (Ann. du Midi), v. 479 sq.).
Iseut et Tristan figurent de même dans une liste d’amants avec Floire et Blanchefleur, Tisbé et Pyrame, etc., dans le Breviari d'Amors de Matfre Ermengaud (v. 27833), ainsi que dans la nouvelle du Papagai d’Arnaut de Carcassés (Bartsch, Prov. Les.).
Voici ce que dit M. Bédier au sujet du passage du Trésor de Peire de Corbiac. « La colère du roi Marke est éveillée, dans tous les poèmes de Tristan, par un groupe de félons conjurés contre les amants. Chez le seul Thomas il n’y a qu’un artisan unique de la traîtrise, Mariadoc, et c'est bien le type du losengier de la poésie courtoise. Mais