OBSERVATION IV
Typhus exanthématique. — Guérison.
Le brancardier Emile H..., vingt-trois ans, du 151° régiment d'Infanterie. Cas survenu à l'intérieur d’une baraque où il était soigné pour une blessure par balle, à la région dorsale, en voie de guérison >
Le 15j janvier, il se plaint de céphalée, courbature, ina p= pétence, constipation vu son caractère est profondément modifié, il réclame : sans cesse avec colère ou tristesse contre ses Voisins, contre ceux qui Je soignent, etc... La tempéra-
ture est ns et de pouls bien | frappé à 36 pulsations par
minute. C’est le cas de ralentissement le plus considérablequi ait été constaté dans cette épidémie et qui a fait retenir
cette observation. L’auscultation du cœur dont les bruits
sont bien perceptibles montre qu'il s’agit d’un pouls vérita-
blement ralenti et non d’intermittences : on ne perçoit pas
d'’extrasystoles. ;
17 janvier. — Température : 4o, pouls : 60.
18 janvier. — Rémission matinale de 1 degré, pouls bien frappé à 80 pulsations.
20 janvier. — Début de l’éruption sur les cuisses et l’abdomen. Pouls bien frappé à 100 pulsations. Délire avec agitation. Le malade tente sans cesse de se lever de son isolateur et bredouille des phrases incompréhensibles.
22 janvier. — Température : &o°5 et pouls à 120. On remarque cependant une assez faible dépressibilité, les bruits du cœur sont bien perçus. Le foie ne déborde pas les fausses côtes. La rate ne paraît pas augmentée de volume. Matité et quelques râles muqueux aux bases pulmonaires. Injection de 3 centimètres cubes d'huile camphrée.
‘a4 janvier. — L’éruption a pris la teinte lie de vin caractéristique. L'état reste stationnaire. Le pouls à 110 peut être facilement compté. Les injections d'huile camphrée ‘sont cependant continuées systématiquement. |
26 janvier.— Pouls à 120, facilement dépressible, bruits du cœur légèrement assourdis, le malade reçoit 2 milligrammes de sulfate de strychnine en injection.
27 janvier. — Début de la défervescence, aucune modification des troubles de l'appareil cardiovasculaire. Injection de 2 milligrammes de sulfate de strychnine.
28 janvier. — Le malade :sort de sa torpeur et ignore
complètement ce qui lui est arrivé, hypothermie 36 degrés. Pouls à 100 toujours dépressible, Bruits du cœur encore sourds.
30 janvier. — Température 35°9, pouls à 53 pulsations. Le. malade reçoit de nouveau 2 milligrammes de sulfate de strychnine. Malgré son asthénie, ilest atteint d’une véritable fringale et ne peut se rassasier.
3 février.— Le pouls et la température sont redevenus normaux ; l’éruption brunit et commence à s’effacer.
Après quinze jours de repos, le brancardier commence à
soigner ses camarades,