‹ Les Troubles endocriniens dans la Coxa-vara essentielle des adolescentsChapitre 26 sur 39 · INTERPRETATION DES RESULTATS · texte numérisé non relu

INTERPRETATION DES RESULTATS

Il apparaît très nettement que la testostérone augmiente la résistance du cartilage puisqu'on obtient un taux moyen de 3.081 grammes contre 1.893 pour les témoins.

Mais la folliculine est encore plus active dans ce sens. On obtient en effet le taux de 4.152 grammes.

Quant aux résultats acquis avec l'hormone somatotrope, ils ne sont pas conformes aux conclusions de W. R. HARRIS. Les chiffres obtenus auraient dû être inférieurs à ceux donnés par les animaux témoins. Or, ils sont supérieurs (2.717 grammes contre 1.893 grammes). Ceci semble s'expliquer par le fait que nous avons utilisé l'hormone du commerce, la seule trouvable en France. Et (comme le laboratoire qui la fabrique nous l’a confirmé), cette préparation renferme quelques traces de stimulines ante hypophysaires.

Si l’on se souvient que nos animaux étaient tous mâles et non gonadectomisés, on conçoit que les gonadostimulines aient pu provoquer une sécrétion « parasite » de testostérone. Cette hypothèse pourrait s'appuyer sur la comparaison des chiffres obtenus avec les deux hormones : somatotrope et testostérone. Ils sont, en effet, presque comparables.

Comment expliquer maintenant que l’on n'ait pu obtenir de décollement vrai avec les animaux traités par les œstrogènes ? Deux solutions possibles. La première qui s'offre au contradicteur est la soudure épiphysaire. Nous avons pris le soin de faire pratiquer un examen histologique pour infirmer cette hypothèse.

Il ne reste donc qu’une seule hypothèse possible : le cartilage est devenu plus résistant que le tissu osseux lui-même.

Signalons la grosse différence entre les chiffres obtenus par W. R. HARRIS et les nôtres, en valeur absolue. Les doses d'hormones utilisées étant les mêmes, nous pensons qu'il faut peut-être en chercher la cause dans la différence d'âge des animaux utilisés. Cet auteur ne donne pas l’âge de ses sujets, ce qui ne nous permet pas de conclure. Il serait pourtant très intéressant de savoir si les œstrogènes agissent différemment suivant la phase de la période pubertaire à laquelle ils sont utilisés.

Bree

COMPTE RENDU RADIOLOGIQUE :

Les clichés obtenus en fin de traitement sur les animaux vivants nous révèlent la persistance du cartilage de conjugai-

Figure 8

a) Témoins ; b) Testostérone:

c) Hormone Somatotrope ; d) Foliculine.

son, identique chez tous les sujets. On note de plus une bande de calcification métaphysaire très nette chez les sujets traités par la folliculine.

Afin d'obtenir des incidences semblables pour tous les sujets, nous avons pratiqué, après le sacrifice des animaux, un cliché groupant les tibias examinés.

Sur ce cliché nous avons réuni :

— 4 tibias d'animaux témoins;

— 3 tibias du lot « folliculine »;

— 3 tibias du lot « testostérone »;

— 2 tibias du lot « formone somatotrope ».

C’est cette plaque que nous reproduisons ci-contre.

1°) Les cartilages y sont partout perméables;

2°) Les os des groupes « testostérone » et « hormone somatotrope », présentent, par rapport aux témoins, une légère bande de calcification métaphysaire juxta-cartilagineuse;

3°) Les os du groupe « folliculine », présentent cette même bande de calcification, mais d’une intensité beaucoup plus nette.

Cet examen radiclogique nous apprend donc essentiellement :

— que les cartilages sont restés perméables,;

— que les œstrogènes provoquent la formation d’une bande de calcification métaphysaire.

Il semble que cette calcification localisée doive jouer un rôle très important dans la solidité de l'édifice fémoral supérieur.

Nous nous bornerons à signaler ce dernier fait sans pouvoir l'expliquer, espérant que des recherches ultérieures le vérifieront.

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