OBSERVATION XV
C..., âgé de dix ans, entré le 25 mai 1908 à la salle Bouchut, lit n°2.
L'enfant est amené à l'hôpital parce qu'il a de petits mouvements convulsifs généralisés. Ces mouvements sont plus manifestes au membre supérieur gauche.
Antécédents héréditaires. — Le père, bacillaire, est mort depuis quatre mois. La mère est en bonne santé, mais a eu la chorée à l’âge de sept ans et demi. Trois autres enfants plus jeunes et bien portants forment la famille. La mère n'a
pas eu de fausse couche.
Bernard 7
Antécédents personnels. — Cet enfant est né à terme après une grossesse normale. Nourri au sein jusqu’à quinze mois, il a commencé à marcher à un an et demi, a eu la rougeole à trois ans et demi, mais jamais de convulsions ni de rhumatisme. La maladie actuelle a débuté, il y a deux mois, par l'apparition de petits mouvements convalsifs, incoordonnés, qui se sont localisés, au début, aux mains; ces mouvements empêchaient l’enfant d'écrire.
Ils se sont étendus à la face et actuellement ils se produisent sans aucun ordre, sans aucun rythme.
De plus l’enfant a changé de caractère depuis deux mois; il est beaucoup plus irascible.
A l'examen somatique, cet enfant présente quelques stigmates de dégénérescence ; ila, en particulier, des oreilles grandes, grossièrement attachées et décollées.
Les mouvements choréiques sont incoordonnés, irréguliers, siègent sur les différents segments du corps mais n’empêchent pas la marche : ils gènent cependant un peu les actes effectués par les membres supérieurs.
Il n'existe pas de signes pupillaires.
Il y a de l'anesthésie conjonctivale.
Pas de paralysie, le signe de Babinski n'existe pas.
La sensibilité est exagérée, les réflexes rotuliens sont normaux.
Auscultation. — Les poumons présentent en arrière et à droite une respiration soufflante.
En avant et à droite, l'inspiration est dissemblable de celle du côté gauche.
Ée cœur n'est pas augmenté de volume.
Il bai dans le quatrième espace en dedans du mamelon.
Pas de frémissement à la palpation.
L’auscultation du cœur permet de noter un souffle siégeant au-dessus et au dedans de la pointe, souffle mésosytolique ne se propageant pas dans l’aisselle, et variant avec la position du malade.
Les urines ne renferment ni albumine, ni sucre.
26 mai 1908. — Un nouvel examen de l'enfant fait voir des ganglions aux aines. Une respiration soufflante au sommet droit, mais aucune lésion caractérisée du cœur.
5 juin. — On constate le signe de Babinski en flexion, le réflexe rotulien affaibli surtout à droite, mais nettement apparent. Le réflexe abdominal esi normal.
L'anesthésie cornéenne et l'anesthésie pharyngienne sont
nettes.