‹ Les Troyens à CarthageChapitre 10 sur 39 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

DIDON

Une étrange tristesse, Sans causes, tu le sais, vient parfois m'accabler. Mes ePp/'t.s restent vains contre cette faiblesse, Je sens transir mon sein qu'un ennui vague oppresse, Et mon visage en feu sous mes larmes brûler...

ANNA, souriant.

Vous aimerez, ma sœur...

DIDON

Non, toute ardeur nouvelle Est interdite à mon cœur sans retour.

ANNA

Vous aimerez, ma sœur...

DIDON

Non, la veuve fidèle Doit éteindre son âme et délester l'amour.

ANNA

Didon, vous êtes reine, et trop jeune, et trop belle, Pour ne plus obéir à cette douce loi; Carthage veut un roi.

DIDON, montrant à son doigt l'anneau de Sichée. Puissent mon peuple et les dieux me maudire, Si je quittais jamais cet anneau consacré 1

ANNA

Un tel serment fait naître le sourire

De la belle Vénus; sur le livre sacré

Les dieux refusent de l'inscrire.

ENSEMBLE

DIDON

Sa voix fait naître dans mon sein La dangereuse ivresse; Déjà dans ma faiblesse Contre un espoir confus je me débats en vain. Sichée 1 ô mon époux, pardonne A cet instant d'involontaire erreur, Et que ton souvenir chasse loin de mon cœur Ce trouble qui l'étonné.

ANNA

Ma voix fait naître dans son sein Des rêves de tendresse; Déjà, dans sa faiblesse, Au doux espoir d'aimer eJ'e résiste en vain.

io les trûyens a cap.tiiage.

D'don, ma tendre sœur, pardonne, Si ,e dissipe une trop chère erreur, Pardonne si ma voix excite dans ton cœur Ce trouble qui l'étonné.

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