ACTE IV. — sciiM: m. laq
THIBAULT, SDlennel.
Non, pas moi; mais bien le privilège De l'Université sur qui rien ne prévaut.
ROBIN COSTEAU
Privilège par quoi, comme par sortilège, Se cassent tous les nez contre l'huis du Collège, Même le nez du grand prévôt.
MARIOX, à demi convaincue.
C'est vrai, cela.^
TfflBAULT, Eèrement.
Mais oui !
ROBIN COSTEAU, ù Marion.
Tu vois donc, niquedouille.
Qu'il ne faut plus rêver noir comme tu rêvais. Monsieur le grand prévôt peut faire le mauvais. Chasse au pendu, mon vieux! Tu reviendras bredouille! Vers ton gibier de mort déjà tu salivais; Mais tu vas voir tourner tes funèbres civets En eau de boudin et brouet d'andouille.
l3o LES TRUA>DS.
THIBAULT, se frottant les mains.
Gaudeamus !
ROBIN COSTEAU
Eh bien! la mère, est-ce à ton gré?
A s- tu le cœur moins chaviré?
MARIO?i .
Oui, par exemple.
ROBIN COSTEAU, allant à la Mignote dans son coin.
Et toi, tu ne dis rien, fillette?
LA MIGNOTE
Je n'ai rien à dire.
ROBIN COSTEAU
Et pourquoi Garder la mine inquiète Alors que tous, on est coi?
LA MIGNOTE
Moi, je songe à ton sort quand personne n'y songe.
A.CTE IV. SCÈNE III. l3l
ROm> COSTEAL.
Ehl quel besoin d'y songer?
Je ne suis pas en danger.
L\ MIGNOTE
Si fait.
RORIX COSTEAl.
Non pas I C'est un mensonge.
lA MIGNOTE.
C'est loi qui mens. Le grand prévôt veut se venger...
ROBIN COSTEAL.
El puis?
LA MIGNOTE
Ne trouvant pas ton fils, il peut te prendre.
ROBIN COSTEAU
Mais, ventre-Dieu, j'ai l'œil ouvert.
Il ne me prendra pas sans vert, Et, s il me prend, aura la peine de me rendre. Dame! je n'ai rien fait.
l32 LES TRUANDS.
LA MIGNOTE, bas.
Non, jusqu'à ce moment; Mais j'ai comme un pressentiment Que tu vas...
ROBIN COSTEAU, l'entraînant plus à l'écart.
Quoi?
LA MIGNOTE
Je n'en sais rien, vraiment.
Sinon que j'en ai peur, de ce que tu vas faire.
ROBIN COSTEAU, impérieusement.
Tais-toi !
LA MIGNOTE, in^islant.
Si!
ROBIN COSTEAU
Tais-toi donc !
(Montrant Marion qui écoute.)
Elle écoute, là-bas.
LA MIGNOTE, à vois basse et suppliante.
Ah! quoi que ce soit, dis, tu ne le feras pas!