ACTE IV. SCÈNE IV. l
Ne lente plus, par ton charme qui m'est si clier, Mais dont j'étouffe en moi la mémoire abolie, Ne tente plus, dans un nouveau coup de folie. Les derniers désirs de ma pauvre chair.
Ce qu'ici de loi je réclame, C'est de pouvoir, sans trouble désormais, Nous regarder lame dans l'âme.
LA MIOOTE.
I,n< ! Moi je t'aime encor comme hier je l'aimais. N'était-ce pas bien de la sorte?
UORIN COSTEAU.
Non, petite. Celte amour-là.
Il faut te dire qu'elle est morlc.
Et dans ton cœur, au plus profond, enterre-la.
LA mignote'.
On m'enterrera donc tout entière avec elle.
ROBO COSTEAU.
Non, car voici bientôt qu'en toi va voir le jour, Naissant de l'amour morte, une autre amour.
LA MIGNOTE, «(Tarée.
llorroiir! Une autre amour en lïioi? Laquelle!^
i3G m; s iiviA>DS.
UOni> COSTEAU.
Calme régarcmcnt de tes yeux inquiets, Et que ta prime amour sourie à ta dernière ! Ta bonne (bi dans une erreur fut prisonnière, Alors que lu disais m'aimer et le croyais.
LA. MIGNOTE, douloureusement élonnce.
Je croyais t'aimer î
IIOBO COSTEAU.
Certe!... Et de quelle manière En le croyant, ton désir s'est leurré, Puisque enfin je l'ai vu, je te le montrerai. Moi, vieux fol, dont plus tôt l'œil se fût éclairé,
Si les ans donnaient sagesse plénière.
Imagine, petite, imagine une fleur Dont poindrait au couchant la sève printanière. Ce soleil, prodiguant son reste de chaleur, Superbe encore dans sa gloire rose et verte. C'est vers lui, foute fraîche, et sa corolle ouverte, Qu'elle se tournerait, amoureuse, en rêvant, Sans savoir qu'il va choir bientôt dans le ciel blême, Et que celui qu'il faut aimer, celui qu'elle aime. Ce n'est pas celui-là, mais le soleil levant.