‹ Les truands; drame en cinq actes, en versChapitre 88 sur 104 · ACTE IV. SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCENE X

ROBIN COSTEVl , avec tendresse.

Que ton grand cœur désire, Mon fils, montrer ainsi combien je te suis cher, C'est une fête pour le mien, et j'en suis fier.

Mien AU LT.

Mais. . .

ROBIN COSTEAl , avec grandeur.

Non, n'insiste pas, mon fils, je t'en conjure. En poussant au delà tu me ferais injure. A te sacrifier je te crois résolu.

Mais l'acte est accompli, puisque tu l'as voulu.

MICIIAL'LT, dans une violente et croissante exaltation.

Ah î messire, c'est lui, lui, qui se sacrifie. Vous voyez bien! C'est pour le payer de sa vie. Mon crime, qu'il m'avait éloigné prudemment. Et qu'il vous a menti, messire, et qu'il vous ment, Et qu'il s'entête dans sa pieuse imposture. Et qu'il vous mentirait encore à la torture Plutôt que d'abjurer son héroïque aveu.

Et que même là-haut, à la face de Dieu,

l6a LES TRUANDS.

De Dieu qui le menace ou de Dieu qui l'implore, Je le lis dans ses yeux, il mentirait encore! Mais moi, messire, moi, je dis la vérité.

(A son père qui essaie de le dominer en le regardant fixement.)

Ne me regarde pas d'un regard irrité!

Je te désobéis, cette fois, oui, mon père.

Tu tiens bon. Moi de même. Et nous ferons la paire.

Je suis ton fils. Je vaux autant que tu valus.

Ce dont tu ne veux pas, je n'en veux pas non plus.

ROBIN COSTEAU, très posément, au grand prévôt.

Messire, à pareil duel il n'est ni fin ni trêve. On peut pourtant le clore, et d'une façon brève.

(A Michault, sévèrement.)

Tu prétends que c'est toi qui commis le crime P

MICHAULT, résolument-

Oui.

ROBIN COSTEAU

Prouve-le! Quel témoin t'a vu, disant : « C'est lui » ?

MICHAULT

Aucun, certes. J'étais tout seul à le commettre.

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