ACTE V. SCÈNE I
A ILLOX, môme jeu.
Aucune !
MARION, dans une rêverie, ù demi folle.
Las! lasî Des vieilles fleurs qui l'ont tant parfumé,
Mon pauvre joli mois de Mai,
Il ne m'en demeurait plus qu'une.
Fraîche encor, soleil mort devenu clair de lune. C'était le doux fanal sans cesse rallumé
Au préau de sombre infortune
Où rôde mon cœur enfermé.
Sa clarté me parlait. Elle va donc se taire ! Ah ! né la tuez pas, par pitié, durs autans, La fleur qui nie parlait toujours de mon printemps, L'unique fleur de mon maigre parterre 1
Las ! las ! Au dolent promenoir
11 ferait noir, noir, noir, si noir,
Pour le prisonnier solitaire!
TUIIUULT.
Votre fds, vous l'aimez, il vous aime, voyons !
.MVUION, comme plus haut, par moments.
Les fils ! Les fils! Ils sont des hommes.
LES TRlA?ïDS.
Kt c'est, aveugles que nous sommes.
Pour d'autres que nous les choyons.
Quand ils sont grands, ils nous quittent pour elles.
Adieu, la mère, et ses chagrins, et ses querelles!
Où donc est-il, mon fils? Pourquoi n'est-il pas là?
TmBAULT.
Je ne sais pas.
VILLON
Moi non plus.
MARION, chantonnant.
Lon, Ion, la!
La chanson le sait. Chantez-la!
La chanson, landigue, lon la.
Des tourtereaux aux tourterelles*
(Se remettant h parler, très clouce.)
Oui, oui, sans doute! Lui, pareillement, parbleu,
Il m'en a fait voir, et de grises, Mon Robinot, toujours virant à toutes brises. C'était ainsi déjà même en notre temps bleu.
Quand j'étais jeune encor, brune gaillarde brune. Souvent il me quitta, je le sais, pour plus d'une. Mais il m'aimait cependant, voyez-vous;