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CHAPITRE IX

DU RÉVEIL DES TRYPANOSOMIASES A L'ÉTAT LATENT SOUS L'INFLUENCE D'UNE NOUVELLE INFECTION

En Turquie, Nicolle et Adil-Bey (i) ont constaté que le Piroplasma existe chez les bovidés sains d'apparence qui le tolèrent, mais ne le détruisent pas. Dans la majorité des cas. il reste latent et si une épidémie de peste bovine éclate, le parasite se rencontre très souvent chez les animaux malades.

Les divers savants qui ont étudié la peste bovine dans l'Afrique Australe ont signalé comme fréquente la présence du Piroplasma bigeminum dans le sang des animaux atteints du typhus contagieux naturel ou expérimental.

De même quand on inocule du virus pestique pur à des animaux des steppes, ceux-ci peuvent résister à la peste bovine et montrer des parasites de la fièvre du Texas (piroplasmose bovine). Ce résultat est paradoxal en apparence. Il prouve que le virus pestique joue vis-à-vis du virus piroplasmique le rôle d'un véritable agent révélateur. Les observations de M. Nicolle et Adil-Bey sont bien connues. Ils ont obtenu l'infection même par injection de virus pestique filtré.

Memmo, Martoglio, Adani (2) ont été aussi amenés dans leurs études sur la peste bovine en Erythrée à étudier des infections du bétail souvent latentes et que font apparaître des attaques de peste bovine ou des inoculations de vaccin pestique L'existence d'une trypanosomiase bovine a été ainsi reconnue.

avrils'6 " AdU-Bey' Etude sur la Pcsle bovine, Ann. Inst. Pasteur,

2 Peste bovina, Ann. Ig sperirn., ,9o4, analysé in Bulletin Pasteur, ,oo5, p. 73. Infezioni prolozoar.e negli animali domeslici in Eritrea, Ann d'Ia sperirn., i9o5, analyse m Bulletin Pasteur, i9o5, p 396

LES THYPANOSOMlASIiS EN GUINÉE FRANÇAISE

Holmes, dans l'Inde (l), a observe après inoculation de virus peslique, le réveil de cas latents, non seulement de piroplasmose mais aussi de Irypanosomiase, chez des bovidés de plaine ou de montagne alors que ces infections étaient tout à fait inconnues chez les bovidés des mêmes régions.

Theiler (2) mentionne, en dehors du Piroplasma big. et du Tryp. theileri, comme pouvant sans doute entraîner des mécomptes dans la préparation du sérum antipestique et dans son emploi, le trypanosome du Nagana.

Marchoux (3), au Sénégal, a fait reparaître des Piroplasma canis dans la circulation périphérique des chiens, en état d'infection latente, en provoquant la fièvre par un moyen quelconque.

C'est dans ce même ordre de faits que nous pouvons citer l'observation suivante d'un mouton trypanosomé ramené de Guinée et paraissant guéri, lorsqu'une atteinte de clavelée venant réveiller son infection, a fait réapparaître dans son sang des parasites en nombre assez considérable.

Ce mouton, infecté expérimentalement de « trypanosome du mouton », très probablement de T. dimorphon, avait montré en février dernier, pendant notre séjour à Conakry, des parasites assez nombreux.

Inoculation o tryp .

Rares Rares Assez nombreux Assez nombreux

A Paris il est examiné très régulièrement en mars, avril, mai, tous les deux ou trois jours. On ne voit rien dans le sang.

L'animal était toujours infecté puisqu'un cobaye inoculé avec 5 ce. de son sang le 29 mars, montre 21 jours après (19 avril) des trypanosomes d'abord très rares, puis assez nombreux le 23 et 3o avril. Le cobaye meurt du 3 au 4 mai en 35 jours.

3o janvier 4, 7 février

1 Some diseases complicaling rinderpest among caille of India, Journal 0/ comp. Palh. a Therap., t. XVII, déc. 1904, analysé in Bulletin Pasteur, .900,

PV DieSimultaneimpfunggegen Rinderpestc und ihre Gefahr Monatshefte furprakl. Tierheillcunde, t. XVI, i9o4, analysé in Bulletin, .900, p. 1O8. 3. Marchoux. C. R. Soc. Biologie, 27 janvier 1900.

DU RÉVEIL DES TB.YPANOSOM IASES A l'ÉTAT LATENT

Cependant un second cobaye auquel fut injecté, un mois après, le sang de ce même mouton, ne s'infecta pas.

Or, le mouton, le 9 juin, est atteint de claveléc. Les symptômes sont très nets. Il reçoit 100 ce. de sérum anticlaveleux.

Le 11 juin, quelques trypanosomes rares sont vus dans le sani;- ;

Le 12 juin, ils sont assez nombreux ;

i4, i5, 16, 19, ils sont nombreux;

23, 25, assez nombreux ;

27, 29, , ils ont disparu ;

3, 5 juillet, ils sont assez nombreux ;

7, très rares ;

9, 11 juillet, ils ont disparu.

Le mouton meurt le 12 juillet (Rate hypertrophiée). Très probablement l'infection trypanosomiasique aura joué un rôle important, car deux autres moutons en expérience, non trypanosomés, qui sont atteints de clavelée, résistent à la maladie.

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