‹ Les Tuberculoses TraumatiquesChapitre 5 sur 26 · A MON AMI · texte numérisé non relu

A MON AMI

Le Docteur P.-E. CAYE

Introduction

Les rapports de la tuberculose et du traumatisme ont, depuis plus d’un demi-siècle, fait l’objet de nombreux travaux cliniques et expérimentaux, principalement en France et en Allemagne. Si le problème n’a pas encore trouvé de solution définitive, deux notions pourtant sont acquises : il est généralement admis à l'heure actuelle que le traumatisme est capable d’activer une lésion tuberculeuse en sommeil et d’aggraver une tuberculose déjà active. Par contre, la possibilité d’une localisation tuberculeuse par un traumatisme est repoussée par la plupart des auteurs. Une telle éventualité n’est pourtant pas scientifiquement irréalisable. À ce sujet, les constatations cliniques ne sauraient fournir d’arguments convaincants, car on ne peut jamais affirmer qu’un sujet réputé sain n’était pas porteur, au moment de l’accident, d’une lésion tuberculeuse et les travaux expérimentaux sont contradictoires. D’une façon générale, tous ceux qui, par le traumatisme, ont tenté de localiser sur des animaux des lésions tuberculeuses, ont échoué. Max SCHULLER, inoculant à ses animaux des produits impurs, n’avait obtenu que des arthrites mixtes où les lésions tuberculeuses voisinaient avec les lésions infectieuses ba-

En de

nales. Seul, PETROW a pu produire des tumeurs blanches en traumatisant violemment des articulations de lapins inoculés par voie veineuse. C’est à la suite de ces travaux que, pour la première fois, fut évoqué le rôle de la bacillémie dans les localisations tuberculeuses post-traumatiques.

Les expériences de PETROW ne purent être renouvelées dans la suite. D’ailleurs, l’apport du bacille tuberculeux par voie sanguine, au point traumatisé, devait être considéré par les cliniciens comme tout à fait négligeable puisqu’à cette époque on pensait que la bacillémie n’était qu’un phénomène exceptionnel.

Depuis quelques années, à la suite de nombreuses recherches et grâce à des techniques bactériologiques beaucoup plus sensibles, il est apparu que la bacillémie tuberculeuse n’était pas aussi rare qu’on le pensait au moment où PETROW faisait ses expériences.

Notre Maître, le Professeur SERGENT, considérant d’une part ce fait, constatant d’autre part la très grande fréquence des ruptures vasculaires dans les traumatismes qui seront suivis ultérieurement de l’évolution d’un processus tuberculeux, fit à nouveau étudier la question. C’est ainsi que nous fûmes amené à entreprendre de nouvelles recherches au laboratoire de pathologie expérimentale de la Clinique médicale propédeutique, dirigé par M. KOURILSKY.

Il nous a paru de quelque intérêt de faire, à cette occasion, une étude d'ensemble de cette importante quéstion et d’essayer d’en dégager des notions prati-

ques. En effet, l’étude de la tuberculose traumatique

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