Leclerc (Lyon médical, 1899, p
TUMEURS DES GANGLIONS INFRA-CORTICAUX
• >’ Ceux qui aflectent 1 appareil neuro -musculaire (troubles oculo-moteurs).
Nous nous occuperons seulement des syndromes des deux dernières catégories.
Nous pensons que l’hémianopsie, l’amblyopie, l’amaurose sont rares, lorsqu’il s’agit de lésions bien limitées à la couche optique'; et nombreuses sont les observations où cet organe a été trouvé complètement détruit, parfois des deux côtés (cas de Barié, Richardière), par de grosses tumeurs ou des hémorragies, scms que des t roubles visuels aient été constatés.
Lorsque ceux-ci existent, ils semblent plutôt liés à l'évolution du syndrome qu à la lésion de la couche optique elle-même.
Au contraire, des troubles oculo-moteurs sont fréquemment observés dans la musculature interne ou externe de l’œil. — L'inégalité et l immobilité pupillaire, les troubles de V accommodation sont souvent signalés (faits de Géraudel, Masing, Scarpatelti, etc.). Dans ce dernier cas, la faiblesse progressive de l' accomodation et du réflexe pupillaire furent les premiers symptômes en date, et ce n’est qu’un an plus tard que survinrent l’œdème papillaire et les autres signes du syndrome, entin une double ophtahnoplègie . un sarcome gros comme une noix (cinq centimètres) s’était développé dans le thalamus, englobant les tubercules quadrijumeaux et la valvule de Vieussens; les noyaux moteurs des yeux étaient disparus, et les nerfs atrophiés.
Dans l’observation de Masing (sarcome englobant toute la couche optique gauche et refoulant les corps quadrijumeaux gauches), il y eut d’abord un léger strabisme divergent, de la diplopie , un plosis gauche, puis une paralysie bilatérale dés deux moteurs oculaiies communs; les pupilles, immobiles à la lumière, se contractaient dans la convergence; pas de lésions du fond de l'œil. Deux extravasations sanguines punctiformes siégeaient dans la moitié antérieure de l’aqueduc de Sylvius, au niveau des noyaux moteurs de la IIIe paire.
Les troubles de la musculature externe consistent en un nystagmus souvent bilatéral et transversal, du strabisme, de la diplopie, et des ophtolmoplègies de la IIIe paire, et parfois de la VI0 : ils tiennent au voisinage des noyaux de la 111° paire; nous avons remarqué qu’il s’agit presque constamment de néoplasmes postérieurs, ayant envahi, comprimé les tubercules quadrijumeaux. La lésion de la VIe paire, bien plus rare, est le résultat de la
L On peut observer des hémianopsies latérales homonymes, lorsqu’on même temps la bandelette optique est comprimée. (Faits de Dreschfelder, Zenncr, cités par Oppcnheim. p. 133), ou si les radiations optiques de Gratiolet sont envuhies.
SYMPTOMES COMMUNÉMENT OBSERVÉS
compression des nerfs de la base, ou, s’il s’agit de tubercules, d’une méningite de la base (obs. de Lenoble et Aubineau).
En raison des connexions de la couche optique avec les corps genouillés internes et les faisceaux auditifs venant de la première circonvolution temporale, il semble que ses tumeurs devraient s’accompagner de troubles de l’ouïe.
Les observations que nous avons parcourues ne mentionnent
pas ces troubles sensoriels.
11 en est de même pour les connexions de 1 habenula avec les circonvolutions et les centres olfactifs. Notons cependant que, dans une observation, Zenner signale, en même temps qu’une parésie droite, une diminution de l'ouïe et de V odorat , à droite : gliome dans la partie postérieure et la base de la couche optique ( Centralbatl Neurolog., 1893, et Archiv. de 'Neurol. , 1894, II, p.3'12).
Dans le cas de Lannois (tumeur de la partie postérieure de la capsule interne), l’hémianesthésie était accompagnée d’une diminution du goût, de l’odorat et de l’ouïe, mais il y avait multiplicité des tubercules.
Une observation de S. West indique une perte soudaine de l'ouïe , pour une tumeur grosse comme une noisette de la face externe du noyau lenticulaire: il s'agit sans doute d’un phénomène de compression '.
Tous ces faits montrent la nécessité d’étudier avec plus de soin les troubles sensoriels dans les lésions des couches optiques.
7° Troubles de la mimique.
Selon les recherches de Bechterew (1883-1886, Neurol. Centralblatl ), après l'ablation des couches optiques, il y a conservation de la motilité volontaire, mais perle de la faculté d'exprimer les émotions par les mouvements ( Troubles de la mimique).
Nothnagel admet que les maladies de la couche opLique peuvent aussi produire, une paralysie de la mimique des nerfs du visage du côté opposé, tandis que l’innervation des muscles, dans les mouvements volontaires, est conservée, ou peu altérée. On voit, pendant le rire, par exemple, que les muscles du côté sain (homologue à la tumeur) se contractent seuls.
Klippel, dans un cas d’hémorragie de la capsule interne et
1. S. Wcsl (Drain, 189b, el Arch. de Neurol., 1897, 1, p. 59). — D’après les récentes recherches de Gorsehkow, les centres de l 'odorat occuperaient la partie inféro-interne de l’ hippocampe el Vuncus ; et les centres du goût, seraient dans Voperculum, près des centres de la langue (Rev. Neurol., 1903, p. 704)-
TUMEURS DES GANGLIONS INFRA-CORTICAUX
de la couche optique a observé l'absence de mouvements involontaires (tels que le clignement des paupières, l’expression traduisant la joie ou la tristesse)
•Nothnagel, Kirilzew, Zenner, Frankel, Reinmann, Miura, Scarpatelti ont constaté ce phénomène pathologique dans les cas de néoplasmes, mais il n’est pas constant. 2.
8° Rire et pleurer spasmodiques. — Rire inextinguible. — Paralysies pseudo-bulbaires .
Le rire et pleurer spasmodiques, le rire inextinguible s’observent assez fréquemment dans les paralysies pseudo-bulbaires, surtout lorsqu’il est engendré par des lésions des corps opto-striés.
D’après Brissaud, qui, un des premiers, a appelé l’attention sur ce phénomène, il s’agit d'une paralysie spasmodique dans laquelle les centres et les fibres centrales du nerf facial sont intéressés ; aussi admet-il qu’il se rencontre surtout dans les lésions de la partie antérieure de la capsule interne, au niveau du genou, là où passent les faisceaux des centres de la face, des lèvres et de la langue 3.
Bechterew pense que ce trouble singulier est plutôt en rapport avec les couches optiques et ses systèmes efférents; il s’agit d’un mouvement expressif involontaire, lié aux excitations de ce gan* glion ; la paralysie faciale n’est pas nécessaire, et il cite un cas à l’appui : il s’agit d’un réflexe psychique11.
Cependant, ordinairement, la motricité du visage est inerte, paralysée, ou le front largement contracturé, et il suffit du motif le plus futile de tristesse ou de joie pour faire éclater ce spasme forcé, pénible à voir.
Burzio, Dupré et Devaux ont rapporté des cas de petits foyers de ramollissement, intéressant le putamen, qui sont confirmatifs de la théorie de Brissaud3.
Il n’est pas douteux que les mêmes troubles puissent s’observer dans les tumeurs de ces régions ; le fait a été constaté par Oppenheim, Bruns et Westphall, pour des néoplasmes situés dans la zone du thalamus G.