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LA MUQUEUSE DE LA VESSIE NORMALE

la glande et l'cpitliélium vésical, on ne trouve que la mince épaisseur du derme de la muqueuse. Ce second groupe de glandes éparses (le la muqu(.'use présente une structure analogue à celles du premier groupe (jue j'ai déci'itos plus haut.

Si j'ai insisté sur ces productions ('■pithéliales, doul l'iniporhince peut paraître négligeable, c'est (pie leur présence nous explique certains épithéliomas glandulaires de la vessie, très rares en vérité, puisqu'on ne connaît que le cas de KaUenbacli et (pic je n'en ai pu observer (pi'un seul exemple.

La vessie reçoit quatre groupes dr rriiiicaii.r (/rtr/-ic/s : un supérieur (pii nait de la ])arti(' ]icnnéai)!c des artères oiubilicalrs; un

Fig. -1. — Ri'scau snngu

11 de la coufhL" sull^-muqla'us^■ (riiiic fillette, inprégnê par le nitrate d'argeut. a, étoiles artérielles il quatre brauehes ; b, veines.

inférieur, né de la vésicalc inférieure, branche de l'hypogastrique ; un postérieur, qui dépond des hémorrhoïdales moyennes et un groupe antérieur, d'importance secondaire, provenant de la honteuse interne et de l'oliluratrice. Après avoir traversé la couche

VAISSEAUX SAXGUIXS DE LA MUQUEUSE VESICALE. 33

musculaire, dans laquelle elles présentent de nombreuses ramifications, les branches artérielles forment un premier réseau à larges mailles dans la sous-muqueuse (fig. 4) et un autre réseau plus serré dans la muqueuse elle-même. Sur un certain nombre de préparations j'ai remarqué que les artérioles de la sous-muqueuse se divisent à leur extrémité en une étoile à quatre branches, d'où partent les capillaires terminaux (fig. 4). Ces capillaires s'avancent jusqu'au-dessous de l'épithélium (fig. 1), aussi peut-on les observer facilement pendant l'examen endoscopique.

Le réseau capillaire sous-épithélial forme des mailles très étroites qu'on peut très bien observer en inoculant un cobaye avec la bactéridie charbonneuse. Sur la membrane étalée à plat et colorée par la méthode de Wcigert on voit le réseau vasculaire admirablement dessiné par les bactéridies colorées en bleu; autour des microbes les noyaux de l'endothélium capillaire apparaissent colorés en rose.

Dès leur origine, les veines présentent un calibre beaucoup plus considérable que celui des artérioles ; elles reçoivent les fins capillaires qui représentent les divisions ultimes du système artériel ; mais il existe entre les artères et les A-eines une différence essentielle ; les artères en effet s'épuisent en se divisant graduellement jusqu'à se résoudre on capillaires, tandis que les veines au contraire reçoivent, sans transition, au niveau de chacun de leurs rameaux les plus ténus toute une série de capillaires. Le volume du tronc veineux collecteur n'est donc nullement en rapport a^-ec celui des capillaires qu'il reçoit. C'est sans doute à cette disposition que fait allusion Gillette (1) lorsqu'il dit que les veines forment un réseau profond qui naît de la muqueuse par une série de rameaux collecteurs dont chacun occupe le centre d'un département veineux de forme étoilée. Gillette décrit deux autres réseaux veineux : un intramusculaire, très riche, et un sous-péritonéal. Toutes ces veines aboutissent en définitive aux plexus péri-prostatiques et au plexus de Santorini.

Les lymphatiques ont été fort discutés depuis les travaux de

(1) Gillette. Journal de l'Aiialomie, 1869.

ALDAr.nAX. .î

.'i'i I.A MUfirF.rSK Di: i.a vf.ssif, xoiimalk

Sappey (1) (]ui en nia ri'xisfciicc chez riiDiiiinc, tout en admettant qu'ils existent en jirtit nonilire dans la réjj;i()n du triguno ciic/ le porc, le chien et la brebis. Acluellomeut il est classique en France de dire que la A-essie ne possède pas de lymphatiques. Seul Cruveilhicr (2) déclan; (pie les lympliati(pies de la mu(pieuse vésicale, qu'il ne décrit d'ailleurs pas, sont très faciles à injecter. Eu Angleterre, on les trouve mentionnés dans le livre de Quain et très bien étudiés par M. et M" Iloggan (.3). Ces auteurs les ont vus, nombreux surtout au niveau du trigone, s'entremêler aux vaisseaux sanguins, traverser la couche musculaire, et, dans le tissu souspéritonéal, se diriger du côté de l'ouraque ou du côté du col. Les livres allemands mentionnent, tous, les lymphatiques de la vessie Luschka, Engliscii, IloU'iuann, Krause, Stohr (4) répètent avec Zeichmann que leur calibre est deux fois plus gros au niveau du trigone que sur les parois latérales. English dit même que, dans la muqueuse, les lymphatiques forment un réseau double. Se fondant sur les recherches du firofesseur Sappey, un grand nombre d'auteurs ont admis que si l'infection ganglionnaire est très rare dans le cancer de la vessie, c'est parce (jue cet organe est dépourvu de lymjihatiques. Or l'infection ganglionnaire n'est pas si rare qu'on veut bien le dire : je l'ai observée pour mon compte dans onze autopsies et ces observations positives me paraissent suflire à démontrer l'existence des lymphatiques vésicaux. Pour mieux les connaître j'ai fait quelques recherches à ce sujet.

Avec j\I. le D'' Suchard nous avons essayé, sans y réussir d'ailleurs, d'injecter au bleu de Prusse (procédé de Ranvier) les lymphatiques de la muqueuse, mais sur un chien et sur un cobaye nous avons pu, en poussant l'injection dans la couche musculaire, colorer un ganglion situé un peu au-dessous de la bifurcation de l'iliacpie ])rimitive.

(1) Sappey. Description cl icoiiograpliie des ^'aisseaux lijiiipli<iii(iiii;s, 1885.

(2) CRUvi:n,iiiEn. Traité d'anat., t. II.

(3) HoGRAN (G.) and IIoggan (El.), .lonrii. of Anal, and l'In/siol. 1882, p. 351.

(4) Stoiiii. M'iinirl ter/i/iiijiic d'Iiislolo^ic. trad. IVanc, 181i0, p. 215.

LYMPHATIQUES UE LA MUQUEUSE VÉsiCALE 35

jM. le D'' Lluria et moi nous avons essaj'é d'imprégner au nitrate d'argent les lymphatiques de la muqueuse en recourant à un procédé analogue à celui de Hoggan.

Par dissection,la muqueuse est d'abord séparée de la musculeuse puis, la membrane étant bien tendue sur un morceau de liège perforé, on imprègne l'une ou les deux surfaces au nitrate d'argent après raclage de l'épithélium ; on traite ensuite au chlorure d'or. Par ce procédé nous aA-ons pu voir le beau réseau lymphatique que je fais représenter ici (fig. 5) sur la muqueuse d'une fillette de 16 mois.

Fig. 5, — Lyœpliatiques de la muqueuse du trigonc chez un cufaut de IG moie.

La membrane avait été préparée trois quarts d'heure après la mort de l'enfant. Les lymphatiques étaient plus abondants au niveau du trigone ; mais on distinguait aussi des réseaux sur la paroi postérieure de la vessie. Avec M. Lluria nous avons fait également des préparations de lymphatiques sur la muqueuse du chien.

Ces faits me semblent démontrer que, dans la muqueuse vésicale de l'homme, il existe des lymphatiques comme dans toutes les muqueuses. Ce réseau est plus abondant au niveau du trigone et se

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réunit aux lympliaticjues musculaires plus considérables (lloggan)pour aller aboutii', au moins en partie, aux ganglions qui se trouvent le long de l'artère hypogastrique (constatation anatonio-pathologiquc).

Quelques autours admettent aussi l'existence de follicules lymphatiques dans le derme de la muqueuse vésicale. Weichselbaum (1), Cliiari (2) les ont décrits et. d'après llermutun et Tourneux (3). on en rencontre dans la nuiqueuse du trigone : en plus des follicules arrondis décrits par AVeicliselbaïun et Ciiiari, ces auteurs disent que le tissu lymplioïde se présente sous la forme de manchons cylindriques qui envclo^ipent les vaisseaux.

Przewski (4) n'a pas toujours trouvé ces follicules qu'il considère comme d'origine pathologique (^t dus à une agglomération de cellules lymplioïdes : toujours ces agglomérations (cjui peuvent aussi apj)araitre au niveau des uretères et du bassinet) seraient précédées d'une inliltration dilfuse de la nnupieusc ])ar les cellules lymphoïdes.

Je n'ai vu moi-même de ces accunudations limitées de cellules lymphoïdes ayant nettement l'aspect de follicules lymphatiques que dans le bas-fond de la vessie d'un vieillard prostatique, (jui présentait en outre des lésions de prolifération cellulaire évidentes.

Les nerfs de la vessie proviennent des deux plexus vésicaux droit et gauche émanés des plexus hypogastritpies. Dt-jà, en 1840, Remak ô) décrivit des c(;llul(!s ganglionnaires dans les nei'fs do la vessie et, en 1858, Meissner (6) les trouva dans la sous-muqueuse. Tous les anatomistes admettent avec Sappey un double plexus musculaire et sous-muqueux, avec des cellules uni ou bipolaires, mais la terminaison des nerfs reste inconnue. Je donne ici (iig. 6) le dessin d'une pi'éparation faite avec la mu(pieuse du trigone d'un enfant (l'a|iri's la mi'tliude de l'or et du citi'on. On peut suivre

|1) \Vkiciisi;i.halm. Wicii. iiicd. '/.citiiii^,\m, n" 'AH.

(2) CiilAUi. Wicii. mcd. Jiirliiichcr, 1881, p. 9.

(.')) IIkuiîmann cl Touunkcx. Loc. cit., i).21.

(4) Pu/EwsKi. Aixh.f.pdtliol. Ancit. iind P/ii/sioL, 1880, vol. CXVI, Ileft 3

(.')) Remak. Cité par Kuause. p. 248.

(0) Meissnkr. Ihid.

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