‹ Les tumeurs de la vessieChapitre 17 sur 128 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

11 existe une confusion regrettable dans les descriptions anatomopathologiques qui ont été données des tumeurs vésicales. Les auteurs, désireux d'accorder le genre anatomique avec la nature clinique des néoplasmes, se sont toujours efforcés d'établir un rapport entre les caractères macroscopiques et microscopiques des tumeurs d'une part, et leur bénignité ou malignité d'autre part. Rokitansky donna un jour aux tumeurs villeuses de la vessie le nom de carcinome villeux ; et quoiqu'il y ait déjà près de 40 ans que Vircliow ait essayé de démontrer la bénignité des productions papillaires de la vessie, quoique Koclier, dans une description qui remonte à 1876, ait déclaré bénigne la nature clinique et histologique d'un de ces carcinomes villeux ; quoique Kûster et d'autres aient protesté, on discute encore.

Tout aussi obscure est la conception, tout aussi confuse est la classification des autres tumeurs a' ésicales non villeuses et personne ne saurait dire ce qu'est un papillome ni ce qu'est un encéphaloïde.

A mon avis on a perdu assez de temps à vouloir concilier ces deux termes assez différents de la question : la forme macroscopique et la structure histologique des tumeurs.

Les classifications qui ont été données des tumeurs de la vessie, et que les auteurs suivent dans leurs descriptions, veulent être à la fois cliniques et anatomiques. En réalité elles ne sont ni anatomiques ni cliniques. Il serait sans doute désirable d'appliquer à la vessie la division des tumeurs eu bénignes et malignes comme l'ont fait M. Pousson et M. Clado, mais on se trouve par là conduit à une confusion regrettable.

Les papillomes sont alors considérés comme des tumeurs béni-

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ij^iics ; or t'c ferme; de pa])illomo ;i une sigiiilicatioii à la fois maoroscopiquc et microscopique, et un grand nombre de ces tumeurs, il faut le savoir, sont des épitliéliomas capables de récidiver sur place et de se généraliser. Mon maître M. Gnyon a dit très justement que nous attendons encore en clini(iue les papillomes promis par les statistiepies. Autre exemple : le myxomc ligure parmi les tumeurs bénignes et l'on sait qu'au point de vue de la marche clinique et des récidives il n'y a guère de tumeur vésicale aussi maligne que le myxome.

En réalité la bénignité ou la malignité d'une tumeur dépend d'une série de caractères, du siège d'implantation, etc. parmi lesquels la structure occupe certainement une place importante ; mais à elle seule, l'histologie est impuissante à définir le pronostic d'une tumeur. Même en limitant à renvahissement des tissus et à la récidive la caractéristique des tumeurs malignes, l'examen histologique seul ne peut nous donner les éléments de la solution : un épithélioma bien pédicule, dont le pédicule n'est pas envahi par la prolifération épithéliale atypique, peut ne pas récidiver une fois extirpé. On peut objecter que si la tumeur avait vécu plus longtemps, elle aurait fini par envahir les parties voisines et devenir ainsi un véritable cancer. Je n'y cctntredis pas, mais d'un autre côté, qui saurait dire si le papillome le plus pur n'aurait pu se transformer en timieur maligne ?

En clinique, ce qu'il faut dire, c'est que toute tumeur vésicale est maligne ou peut le devenir ; je dirai en traitant du pronostic par quelle série de caractères symptomatiques, macroscopiques et histologiques on peut prévoir le sort ultérieur du malade.

Je pense faire œuvre de clinicien en dissociant l'étude macroscopique et l'étude microscopique des tumeurs de la vessie et en ne conservant cpic les quatre grandes classes que j'ai admises dans ma classification histologique : 1° les néoplasies épithéliales, que je diviserai en non kystiques et en kystiques ; 2° les tumeurs conjonctives ; 3" les myômes ; 4° les tumeurs hétérotopiques. Je décrirai chacune de ces variétés au point de vue macroscopique, et pour exposer leur structure, je suivrai la classification histologique que j'ai donnée dans le chapitre précédent. J'aurai soin, en décrivant

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