CONCLUSIONS
J. — Les tumeurs mixtes de la parotide sont des tumeurs à tissus multiples, encapsulées, et histologiquement indépendantes de la glande.
Elles sont constituées :
Par des éléments conjonctifs représentés surtout par du tissu muqueux, fibreux et cartilagineux, rarement par du tissu osseux et adipeux;
Par de nombreux éléments épithéliaux malpighiens et très rarement des formations épithéliales cylindriques.
Les cellules dites « indifférentes » remarquablement atypiques considérées comme cellules principales de ces tumeurs sont des cellules épithéliales d’origine ectodermique. Leur nature est démontrée par la présence d’amas
malpighiens avec filaments unitifs, de kystes épidermoï-
des, de globes épidermiques, de foyers de dégénérescence muco-hyaline, de dispositions semblables à celles des épithéliomas à cellules basales et par les rapports de continuité histologique indiscutables que ces cellules indifférentes présentent avec ces formations. Les figures de pseudo- : endothéliomes souvent rencontrées dans ces tumeurs, doivent être considérées comme des phénomènes d'infiltration des éléments épithéliaux, dans le tissu conjonctif; cette interprétation infirme la théorie conjonctive et est une preuve de plus de la nature épithéliale de ces cellules.
L'ensemble forme un tissu malpighien à tendances évolu: tives très variées, ne présentant en aucun endroit, au moins primitivement, des signes de dégénérescence maligne.
Ces deux ordres d’éléments conjonctifs et épithéliaux présentant les mêmes caractères d'activité proliférative propre et intense, de désorientation cellulaire dans une tumeur bénigne, vivent en intime et étroite solidarité sans subordination de l’un à l’autre, sans prépondérance d’un tissu. Ces tumeurs sont done essentiellement conjonctivoépithéliales.
II. — En ce qui concerne la pathogénie, deux notions paraissent, à l’heure actuelle, avoir la valeur d’un fait acquis et démontré: :
1° Ces tumeurs ne dérivent pas des épithéliums salivaires adultes, en raison de leur structure et de l’absence de continuité de leurs éléments avec ceux de la parotide.
2° Ce sont des tumeurs d’origine embryogénique, des dysembryomes. Elles représentent le résultat d’une inclusion.
Trois hypothèses essaient de déterminer les éléments inclus et l’époque de ce vice de développement: les théories nodale et blastomérique, la théorie branchiale, la théorie des germes glandulaires embryonnaires.
Une inclusion nodale ou blastomérique nous paraît trop précoce pour donner des dysembryomes aussi simples que les tumeurs mixtes parasalivaires. Elle répond aux tumeurs tératoides.
Une inclusion branchiale ne concorde pas avec la notion actuelle de l’appareil branchial chez l’homme. | Une inclusion de germes glandulaires embryonnaires, foyers de cellules inutilisées du bourgeon ectodermique qui donne naissance aux glandes salivaires, nous paraît
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être jusqu’à maintenant la théorie la plus acceptable, donnant aux tumeurs mixtes parotidiennes la valeur d’un accident dans le développement d’une région. Cette théorie explique la présence, la multiplicité et les tendances des tissus constitutifs et donne à ces tumeurs une place déterminée par leur complexité, dans la classification générale des dysembryomes.
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