II. — Au point de vue histologique
Elles sont caractérisées par une prolifération villeuse à développement superficiel et qui semble être la conséquence de la multiplication sans stratification des cellules tapissant la surface des éperons interglandulaires.
Le revêtement épithélial de la fumeur villeuse bénigne est constitué par trois types de cellules : la cellule muqueuse normale de l'intestin, la haute cellule épithéliale fixant fortement les colorants, enfin toutes les formes de passage entre ces deux types. Ces deux dernières cellules prédominent dans la majorité des cas ; mais les cellules muqueuses, en général isolées, peuvent parfois constituer le revêtement d’un bouquet entier de villosités et même celui de toute une tumeur.
Les caractères histologiques de ces éléments et leur disposition architecturale font de la tumeur villeuse simple une tumeur essentiellement bénigne. En outre, malgré une réaction adénomateuse d'importance variable qui peut servir de base au processus villeux, elle doit être formellement distinguée de l’adénome.
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La réaction villeuse imprime en effet, tant à son évolution clinique qu’anatomique, un cachet bien particulier.
Plus souvent que les autres tumeurs bénignes, la tumeur villeuse simple est susceptible d’entrer en dégénérescence cancéreuse ; alors apparaissent les modifications cellulaires et architecturales caractéristiques de la malignité, mais, dans la majorité des cas, cette transformation reste très longtemps superficielle et cir-
conscrite et ne gagne le système lymphatique que très tardivement.
La tumeur villeuse dendritique affecte un type villeux encere plus pur et ne s’accompagne d’aucune réaction adénomateuse ou pseudo-glandulaire. Les cellules qui constituent son revêtement présentent toutes le type malin des cellules cylindriques de l’épithélioma glandulaire. Mais son architecture villeuse et son développement superficiel en font une néoplasie bien distincte de ce dernier. Il existe cependant des formes de passage dans lesquelles, à la prolifération villeuse, s’ajoutent des images d'infiltration profonde (tubes pseudo-glandulaires ou boyaux pleins).
Ici également les lésions demeurent longtemps circonscerites et n’infectent que tardivement les vaisseaux lymphatiques.