‹ Les tumeurs villeuses du rectumChapitre 29 sur 29 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

mobile sur les plans profonds et enrobée d’une sécrétion glaireuse qui masque l’aspect finement végétant de sa surface.

L'évolution se compte par années, sans modification des signes fonctionnels ou physiques et sans altération de l’état général.

Cependant on devra toujours craindre une transformation cancéreuse ; cette dernière n’est annoncée précocément par aucun signe clinique. Seules des biopsies répétées peuvent la déceler, Ce n'est qu’assez tardivement qu’on constate une modification de la tumeur (plus ferme en certains points, aspect villeux moins net), parfois des hémorragies plus abondantes ou plus faciles au contact digital ou des douleurs vraies. Cette évolution maligne demeure longtemps localisée sans grande altération de l’état général, et ce n’est, très fréquemment, qu’au terme ultime de la maladie, qu’apparaissent les troubles de compression et d’envahissement.

Les tumeurs villeuses dendritiques ne paraissent pas avoir de symptomatologie bien particulière. Tant par leurs caractères physiques que par les signes fonctionnels et généraux qu'elles déterminent, elles rappellent tantôt la tumeur villeuse bénigne dégénérée, tantôt l’épithélioma glandulaire du rectum. La biopsie est donc souvent le facteur indispensable du diagnostic. .

IV. — Le pronostic des tumeurs villeuses bénignes est avant tout conditionné par la nature de l’intervention thérapeutique. Il semble bien que seule une ablation large, réséquant une fraction de la muqueuse saine à la base de la tumeur, mette à l’abri des récidives, alors qu’abandonnées à elles-mêmes, elles évoluent souvent vers la malignité.

Cependant, comme les polypes villeux de la vessie, mais semblet-il avec une fréquence moins grande, les tumeurs villeuses peuvent dans cértains cas récidiver sous formes de végétations étendues à toute la surface de la muqueuse. On a l'impression qu’il s’agit alors de greffes secondaires ou d’une véritable maladie villeuse, témoignant d’une viciation cellulaire jusque-là latente ct brusquement révélée. Le pronostie devra tenir compte de ces faits, d’ailleurs assez rares.

Les tumeurs dégénérées et les formes dendritiques d'emblée malignes paraissent jouir d’un pronostic plus favorable que le cancer habituel du rectum à cause de la limitation des lésions et de leur extension très lente, qui font d’elles une maladie locale, longtemps justiciablé d’une intervention curative.

V. — Le diagnostic, qui s'impose dans les cas typiques, se discute surtout avec l’épithélioma glandulaire et demande souvent à être confirmé par la biopsie. Cette dernière en effet révèle parfois des tumeurs villeuses dégénérées ou dendritiques là où la clinique avait supposé un cancer cylindrique banal.

Elle affirme également l'existence des tumeurs villeuses bénignes ; cependant, même après des prélèvements répétés, on fera des réserves dans ces cas sur la possibilité d’une transformation maligne encore très circonscrite et ayant échappé à la biopsie. C’est pour cette raison et du fait de l’extrême fréquence avec laquelle ces tumeurs entrent en dégénérescence, qu’elles n’offrent les garanties pronostiques d’une tumeur bénigne qu’une fois enlevées par une exérèse chirurgicale correcte.

VI. — La radio- et la radium-thérapie n’ont aucune action appréciable sur ces tumeurs. La fulguration peut être réservée à certaines formes accessibles, de petites dimensions et bien localisées. L'intervention chirurgicale constitue la thérapeutique de choix. Dans la majorité des cas l’ablation par les voies naturelles offre toutes les garanties d’exérèse suffisante. Lorsque cette technique opératoire est appliquée, il semble qu’il vaille mieux l’associer, surtout lorsque la tumeur est assez haut fixée, à la rachi-anesthésie qui seule réalise un relâchement total des sphineters et du releveur et offre une voie d’abord satisfaisante.

Vu : Le Doyen, Vu : Le Président de Thèse, H. ROGER. P. LECÈNE.

Page 1